ERA AS EE NN
vres refusées jadis : elle est à l’affût de leurs productions nouvelles. Depuis 1872 ses destinées sont confiées à un homme de théâtre de premier ordre, Emile Perrin, admirable metteur en scène, doué d’un flair prodigieux en tout ce qui concerne l'extérieur de l’art dramatique. La vieille maison est sortie enfin de son long sommeil et arrive, en apparence au moins, à un des moments les plus glorieux de son histoire. Comme troupe : Régnier, Provost, Bressant, Got, Delaunay, Coquelin, Febvre. Parmi les femmes : Augustine et Madeleine Brohan, Mme Favart, Victoria Lafontaine, Céline Montaland, Suzanne Reichenberg. Bientôt Mounet-Sully, Baretta, Croizette, Bartet, Sarah Bernhardt...
Il semblerait que les auteurs dramatiques dont nous avons suivi les débuts et qui sont arrivés à la maîtrise ne puissent rêver mieux et que l’on doive attendre de la comédie nouvelle un admirable et glorieux effort de production. Or, nous l’avons vu, c’est exactement le contraire. Cette prospérité n’est qu’apparente ou pour mieux dire (car les recettes sont une réalité et à cet égard la Comédie Française n’a pas à se plaindre), l’art n’en retire aucun profit.
Parcourez la liste des nouveautés portées à la scène durant ces dix années, vous en verrez la pauvreté surprenante. À part les productions de plus en plus intermittentes de Dumas et d’Augier, à part aussi quelques aimables bluettes (l'Eté de la Saint-Martin ou le Mariage de Victorine), trois nouveautés seulement ont obtenu une faveur éclatante : La Fille de Roland (1875) et,