‹ Theatre D'hier et D'Aujourd'huiChapitre 25 sur 81 · ENTRE · texte numérisé non relu

ENTRE

dans le genre de la comédie moderne, Le Sphynx, d’0. Feuillet en 1874, l’Ami Fritz en 1876.

Or l’Ami Fritz (et cette remarque n’enlève rien au charme des romans alsaciens d’Erckmann (Chatrian) l’Ami Fritz a piqué la curiosité surtout par le réalisme, si conventionnel encore, de la mise en scène. Pour la première fois on voyait servir sur le théâtre un repas véritable, au lieu de poulets en carton.

Quant au Sphynx, rien de moins énigmatique ou de plus banal que ce type de femme fatale, rien de plus médiocre que cette aventure romanesque. Mais à défaut d'originalité ou de valeur dramatique, certaines circonstances extérieures avaient provoqué d’avance l'attention du public et suscité de véritables polémiques avant la première. La pièce était jouée par deux grandes actrices dont personne n'’ignorait la rivalité : Sophie Croizette et Sarah. Bernhardt, celle-là dans le rôle du Sphynx, la femme fatale et perverse, celle-ci dans le rôle de sa victime, la jeune femme trahie. Tout Paris connaissait les incidents innombrables des répétitions, les perpétuels froissements entre les deux étoiles et surtout la terrible histoire du clair de lune. Au 3° acte, Croizette jouait avec Delaunay une scène d’amour dans une clairière d’un parc, illuminée d’un superbe clair de lune bleuâtre. Sarah Bermhardt sortant de la coulisse de droite ‘et passant, sur un petit pont, un aimable cours d’eau qui traversait la scène, devait surprendre le duo. Or elle réclamait, elle aussi, son rayon de lune (les rayons de lune au théâtre se posant toujours sur les premiers sujets). Perrin lui avait fait remarquer que, puisqu'elle surprenait les au-

Page 1