‹ Theatre D'hier et D'Aujourd'huiChapitre 31 sur 81 · V. Sardou a le don de l’observation légère, Mais il se · texte numérisé non relu

V. Sardou a le don de l’observation légère, Mais il se

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E T D’'’AUJOUR D ’HUI

contente trop aisément. Exactement du même modèle l'exposition de Nos bons villageois, cinq ans plus tard. Ici encore une suite de petits tableaux, genre opéra comique, ou prétextes à mise en scène :

le lavoir du village, où de belles filles bavardent en battant le linge ;

la pêche à la ligne dans un petit ruisseau où se déversent les eaux savonneuses, avec les figures pittoresques de trois pêcheurs, le parisien, le paysan, le hobereau ;

la boutique du barbier avec les bavardages habituels, les commérages, les petites jalousies.

Puis l’épicier, le pharmacien, le défilé des pompiers en grand costume dans le fracas des cuivres... Tout cela réparti sur deux actes, en deux décors adroitement agencés — avec des croquis rapides, des raccourcis spirituels.

On pourrait recueillir une foule de traits ingénieux. Dans les Ganaches :

« Savoir, esprit, vertus, rien ne lui manque, rien ne sert ! Comme sa pendule : tous les ressorts y sont, mais adieu le mouvement. > — Ou encore ce portrait d’un docteur politicien et athée et patriote à la façon de 93 : « Qu’on ne lui parle pas, Monsieur, des clochers, des cloches, ni des curés... Rasés les clochers ! Des canons avec les cloches ! Le fusil sur l’épaule des curés ! Et en avant, marche ! Sur l’ennemi... et au besoin sur l’ami ! Car, pour un principe, Monsieur, il ferait sauter toutes les têtes de Quimperlé, à commencer par la sienne ! »

Pourtant, ces morceaux juxtaposés, ou, si vous préférez, ces scènes de revue ne suffisent pas à faire une pièce et il le saït mieux que personne étant l’homme de

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