THÉ ATRE D HIER SN AUGUSTIN
C’est la route ordinaire des voyageurs sans amour. Je ne tiens pas à le prendre. Maïs je vais me hâter, et j'aurai bientôt fait d’arriver là-bas. En moins de cinq minutes j'aurai franchi les herbages. J’entrerai sous les châtaigniers. Et, de là-haut, sur la colline la plus fleurie, comme à vos pieds, dans une sorte de rendez-vous suprême, je vous crierai mon désespoir et ma gratitude une seconde fois. Et, si lointaine, si absorbée que vous soyez, il n’est pas possible que le vent, les parfums et ma volonté, pe vous apportent pas quelque lambeau de mes effusions dérisoires.
MADAME ALLAIN Augustin !
AUGUSTIN Adieu ma chère aventure. .
MADAME ALLAIN
Augustin !
AUGUSTIN
Adieu les battements de mon cœur.
MADAME ALLAIN
Mon petit Augustin.
AUGUSTIN
Adieu mon désir éternel.
MADAME ALLAIN
Tu perds la tête.
AUGUSTIN
Adieu, mes larmes préférées !
On ne peut nier qu’il se dégage de ce couplet un charme pénétrant et subtil, et que la mort de cet enfant, que l'inquiétude, puis l’angoisse, puis l’horreur de ses parents qui l’attendent en vain dans cette atmosphère d'orage, que les cris désespérés de la mère, que ses sursauts de fureur, que l’écrasement de Michel, que tout cela soit d’une puissance tragique réelle. Mais ne vous semblet-il