SCÈNE IX VALENTINE, LAURE
VALENTINE, pleurant.
Qu'est-ce que je vais devenir, mon Dieu!... Laure, ma chérie, ma vie est brisée !... Ce Maurice qui s'en va furieux, je l'adore, entends-tu? je l'adore, il le sait, je le lui ai dit cent fois, et il m'abandonne pour une bêtise, pour une chose qui n'a rien à voir avec notre passion ! Que les hommes sont ingrats !
LAURE
Console-toi, chérie, console-toi, il reviendra.
VALENTINE
Oh! non, il ne reviendra pas! As-tu vu ses yeux, quand il est parti? Ils disaient une volonté implacable.
Sois tranquille, va! Les hommes se crispent afin de mettre dans leurs yeux une volonté implacable, et il n'en reste pas pour l'âme. C'est une brouille de rien du tout, ça, et tu le retrouveras plus soumis, plus... enragé aussi qu'avant!
VALENTINE
Mais pourquoi cette colère?... Fallait-il qu'il tînt à cette candidature!
LAURE
Allons, je crois que tu ne l'as pas encore très bien compris. Pour moi, tant dans son intérêt qu'au point de vue de l'art, je suis consternée qu'il ait tout lâché !
VALENTINE
Oh! quant à l'élection, je n'avais pas grande inquiétude; il est très délicat, et, au fond, il me devait bien cela.... Mais que vais-je devenir sans son amour, Laure?... Son esprit manque tellement de logique! Parce que j'ai envie que Pierre soit député, il ne veut plus croire que je l'aime de toutes mes forces! (Pleurant.) C'est fini, je ne le reverrai plus.
LAURE
Puisque je te dis que si, que tu le reverras!... Ton mari !