E II N E S T
Cela doit être curieux !
CAMILLE
Vous pouvez voir.
TOUS, se rapprochant.
Ah! oui ; lisons la correspondance.
CAMILLE
Allons, Ernest... prenez les billets doux... soyez mon secrétaire, ce matin, (.\iiastasift sort.) ERNEST, ouvrant les lettres.
Volontiers. 'Lisant.)
Air du Pot de fleurs.
« Oli ! miss Camille, je vous aime!
« Hier, vous m'avez plu si furl!
« J'en suis d'une folie e.xtrème ! »
CAMILLE
Eh! mais, vraiment, c'est un milurcil
ERNEST
« J'ai beaucoup de sterlings, ma chère... »
CAMILLE
Eh! que m'importe son argent 1
J'accepte tout du continent,
Je ne veux rien de l'Angleterre.
(Lui prenant la lettre.; A une autre.
ERNEST
Diable! voilà du papier un peu gros... et quelle écriture!
Lisez... lisez...
ERNEST, lisant.
« Mademoiselle Frétillon, c'est pourquoi je vous « écris, attendu que je ne vais pas vous voir... TOUS, riant.
Ah I ail ! ah !
CAMILLE
Qu"cst-ce que c'est que ça?
ERNEST, continuant.
(( Vous êtes riche, à présent, et moi, je ne suis <( toujours qu'un troupier, malgré les promesses « de mon protecteur, le général, qui est bien mai> lade pour le quart d'heure. La jirésentc est donc i( pour vous dire que je ne vous oublie pas, et que i( si je n'ose pas aller vous intéresser en personne, 0 je n'en suis pas moius toujours en ligne, en at- » teudaut le bonheur... par la grâce de Dieu... « avec lequel j'ai celui de vous porter armes et « d'être votre très-humhle et très-obéissant servi- « tour. (( Marengo. »
CAMILLE
Marengo !
ERNEST, continuant.
« Soldat, rue de Loursine, à la caserne... »
TOUS, riant.
Ah ! ah ! ah !
CAMILLE, se levant. Ce pauvre Marengo! mais je le verrai... j'aurais tant de plaisir!...
ERNES,T.
On dirait (ju'il est plus heureux ([ue moi !
CAMILLE
Lui! Oh! le pauvre garçon! il n'y a jamais songé.
I) E t X I i'. M i: .1 E UNE no M SX Y..
Cependant...
CAMILLE
Taisez-vous, et occupez-vous de notre loge pour ce soir.
DEUXliiMF. JEUNE HOMME.
A l'Opéra?
KUKTILLON.
Kl! \K. ST.
Aii\ Bnuflcs".'
CAMM.I.K.
iSon, non, c'est trop grand soigneur tout ça, c'est ennuyeux coninic les Français, Ludovic y dort toujours... au Palais-Royal, pluiot... parlez-moi de ce thé;\tre-là ! il n'est pas h(''y;ueule... une avantscène...
ERNlîST.
J'y vais tout de suite.
TOUS
AttiMKk-tioiis donc...