COI.AUDET
Mais il est libre, mon enfant.
Libre!
Eh, certainement, quand je disais qu'on l'avait trompée.
MARIE
Libre!
COI- \ un F T.
Et bientôt votre époux , si vous y consontez.
M AniK.
Si je le veux... oh! monsieur!
Vous voyez bien que je ne le lui fais pas dire... c'est bien Julien qu'elle aime.
MADAME DE BUESCIEUX.
Marie, préparez-vous à me suivre. (Mouvement de Marie.)
• COI, AUDE T, à part.
O mon Dieu! elle cède. Pauvre petite! je l'aimais déjà comme ma fille... (Vivemmt et comme par inspiration.) Quelle idée ! eh bien, non... il ne sera pas dit...
MADAME DE liRESCiEUX, à Marie.
Eh bien, êtes-vous prête? (Madame de Brescieai et Marie font un mouvenient pour sortir; Colaudet se place devant la porte. )
COLAUDET.
Marie, je vous ordonne de ne pas sortir d'ici.
DE BRliWlLLE, remontant la scène, et allant à
Finissons ce débat à l'instant, ou tremblez. COI.AUDET, avec résolution.
Ta, ta, ta, ta, monsieur le comte... si quelqu'un doit trembler, comme vous dites, ce n'est pas moi... car j'ai à faire valoir ici une autorité supérieure à toutes celles que vous pourriez invoquer.
MADAME DE BRESCIEUX.
Comment?
DE BU IX vu. LE.
Expliquez-vous.
COLAUDET.
11 le faut bien... (A part.) Je n'ai plus que ce moyen pour assurer le bonheur de ces chers enfants... allons, un bon mensonge.
DE BRIN VILLE
Achevez, achevez, monsieur.
COLA UDET.
Oui, certes, j'achèverai... (Appuyant et sans se presser.) Cette enfant n'a ici qu'une \olonté à reconnaître, et cette volonté, c'est la mienne... car je suis... je suis...
DE BRINVILLE ET MADAME DE BRESCIEUX.
Eh bien?
COLAUDET.
Je suis son père. (A part.) Arrangez ça!
MADAME DE BRESCIEUX, stupéfaite.
Son père!
COLAUD ET.
Oui , son père!
AI A R I E
Mon père!
DE BRIN VILLE, bas à Colaudet.
Vous avez là une prétention bien extraordinaire, monsieur.
COLAUDET, bas à de Brinville.
Je n'en connais qu'une que vous pourriez m'opposer... (Appuyant.) et qui, aux yeux de votre femme, et aux Tuileries, paraîtrait peut-être plus extraordinaire encore. iGaîment, en regardant de Brinville et madame de Brcscitni.) Je ne m'attendais pas à être jamais forcé de faire une pareille déclaration , par exemple.
AI A R I E
Comment, vous, monsieur, vous seriez mon père ?
COLAUDET.
En êtes-vous fâchée!
MADAME DE BRESCIEUX, l'arrêtant.
Marie, je te le jure... cet homme n'est pas t%n père...
COLVUDFï, gaîment.
Prouvez-le.
MADAME DE BRESCIEUX.
Oh! je sull'oque de honte et d'indignation. COLAUDET, gaîment, avec ironie.
Pourquoi ça? est-ce parce qu'en qualité de marraine de (Appuyant.) mon enfant, vous voilà ma commère ?
MADAME DE BRESCIEUX.
Marie, ne le croyez pas, il ment ciïrontément. COLAUDET, de même.
Doucement, s'il vous plaît, ne cherchez pas à diminuer le respect que me doit (Appuyant.) mon enfant... D'ailleurs, la mère seule pourrait me donner un démenti i Appuyant. ), et vous n'êtes pas la mère... (A de Brinville.) Il me semble, mon cher ami, qu'il n'y a rien à répondre à cela... (Gaîment.) Elle n'est pas la mère, qu'en ditesvous?
LE VIOLON DE L'OPÉRA
DE BRI ^• VILLE, à part.
Je suis stupéfait de tant de hardiesse !