SCÈNE III
Les Mêmes, LÉONIE, FANNY,
puis MADAxME DE FRANGE Y.
(En entrant, Fanny et Léonie se débarrassent de leurs châles qu'elles donnent à Annette.) desormes, à Léonie.
Eh bien! s'est-on bien amusé!... le bal était-il beau ?
FAMNy.
Oh! je vous en réponds... c'était délicieux... figurez -vous des salons magnifiques... des toilettes... oh! mon Uieu ! les jolies toilettes ! et un orchestre!... Musard et Dufresne, rien que cela... c'était entraînant !
desormes.
Et tu t"es laissé entraîner.
FAN \V
Oh! je n'en avais pas besoin; j'aime tant la danse... je sauterais au son d'une musette, moi...' Mais ça ne gâte rien... si vous saviez les drôles de figures que se font certains jeunes gens!... des coiffures !... des barbes surtout !...
léonie.
Que tu es bizarre, ma chère!... dés cpie c'est la mode.
lANN V.
Oh! c'est toujours ce que tu me réponds quand
je trouve quelque chose de ridicule... C'est égal, j'en ai bien ri... Dieu ! que j'en ai ri !... mais pas devant eux... oh! non, en cachette... avec deux ou trois de mes danseurs seulement... enfin, jamais je n'ai vu un plus joli bal... il nC manquait que vous, mon oncle.
desormes.
Pour te gronder... as-tu été bien étourdie? FAN N Y, embrassant son oncle, et tout bas. Peut-être bien... le moins que j'ai pu toujours.
desormes.
Elle est naïve au moins... (Saluant de la main madame de Prangey qui entre.) Ma sœur...
Bonsoir, mon frère... monsieur Raymond, je vous salue.
RAYMOND
Madame... mesdemoiselles. (Léonie fait une révérence cérémoniensfi.)
FANNY, à Raymond.
Comment! vous êtes ici, monsieur!... je gage que vous n'en avez pas bougé de la soirée.
MADAME DE PRANGEY.
Quand cela serait, Fanny, que vous importe ?
FANNY
Mais il m'importe que les messieurs viennent au bal... j'aurais dansé une contredanse de plus, peut-être.
RAYMOND
Assurément, mademoiselle, vous avez dû vous trouver entourée de trop d'hommages pour avoir remarqué mon absence.
FANNY
Eh bien! c'est justement ce qui vous trompe... j'avais compté sur ce bal pour vous apprendre la galope.
Oh! combien je suis fâché... Certes, si j'avais pu soupçonner une si bonne intention...
MADAME DE PRANGEY.
Comment l'auriez-vous pu, monsieur?... comment prêter une idée si déplacée à une jeune personne?
LÉONIE
C'est vrai... tu dis tout ce que tu penses.
FANNY
Dame! que veux-tu... je ne peux pas m'en déshabituer. (En ce moment Desormes passe auprès de Léonie.)
MADAME DE PRANGEY.
Vous ne prendrez donc jamais des manières plus convenables?... Voyez Léonie, \otre cousine.
FANNY
Oh! Léonie... je voudrais bien ressembler à Lcouie... mais ça n'est pas facile... elle est parfaite, elle; et je sens uieu que je ne le serai jamais.
RAYMOND, à madame de Piangey.
Je vous en i)rie, madame, ne grondez pas niado-
LA FILLE MAL KLKVEE
moiselle Fanny à cause de moi. (Hosormes repasse à droite du tliéàlre auprès de Raymond.)