M \ I) A M K DE P R A \ G K Y
Oh! niais l'cst qw vous ne savez, pas coniinc elle s'est conduite pendant toute la soirée. DE son M ES.
Fanny!... qu'a-t-elle donc fait?
MADAME DE PnANCKV.
Toutes sortes de folies!... elle parlait aux cavaliers avec une légèreté, une inconvenance... et quelquefois i\ ceux qui ne lui adressaient pas la parole.
FANNY
C'est que c'est si ennuyeux d'être à côté d'un danseur qui ne dit rien... ou quelquefois moins que rien.
Air de valse de la Chanoinesse.
Comment faire, hélas!
Je ris tout bas De leur triste éloquence , Et romps ce silence, Oui, pour ne pas Doubler leur embarras.
D'un ton (latteur.
Avec douceur.
L'un dit que la semaine est belle ; Mais qu'il craint de l'eau, par malheur, Quand viendra la lune nouvelle.
Comment faire, hélas!
Je ris tout bas De leur triste éloquence, Et romps le silence, Oui, pour ne pas Doubler leur embarras.
Enfin, un dernier plus hardi , En fait de remarques piquantes , Ose trouver le bal joli , Et les glaces rafraîchissantes.
Comment faire, hélas! etc., etc.
(AnnHte porte au fond du théâtre la petite table qui était sur le devant.)
LÉONl E.
Alors on se tait.
FANNY
C'est bien amusant... Enfin, tu as raison... une autre fois je tâcherai.
RAYMOND
Ces demoiselles doivent avoir besoin de repos.
FANNY
Oh! pas moi, monsieur... Je serais toute prête à reconmicnccr.
1! VYMOND.
Vous souhaiteriez donc que la vie fût un bal
continuel ?
FANNY, étourdiment.
Oh! si cela se pouvait!... ce serait trop fatigant
pour beaucoup de personnes... mais moi, je crois
que j ■ m'y ferais.
RAYMOND
Mademoiselle Léonie n'en dirait pas autant... Je vois ses yeux prêts à se fermer.
FAWY, riant.
Vous croyez cela parce qu'elle les tient baissés... Vous oubliez doue que c'est son habitude?
LÉONIE
Parce que les convenances et la retenue naturelle à, une jeune personne le veulent ainsi, ma cousine.
FANNY
Je n'ai pas dit cela pour te faire de la peine.
Oh ! je sais bien que tu en es incapable... aussi, loin de me fâcher...
FA NN Y, avec amitié.
Tu as raison, ne m'en veux pas... tu sais comme je suis étourdie... c'est passé en proverbe dans la famille.
RAYMOND, bas à Desormes.
Un excellent cœur!
DESOiiMES, de mèine.
Oui, mais quelle tète!
MADAME DE FRANC. E Y
Allons! il est temps de se retirer, je tombe de fatigue. (Fanny et Léonie embrassent madame de Praiigey.) Et vous, mes enfants, soyez raisonnables, ne vous faites pas de mal... Au lieu de causer toute la nuit, comme cela vous arrive quelquefois, rentrez bien vite... Vous aurez tout le temps de babiller demain.
LÉONIE
Comme il vous plaira, maman. (Elle va lui présenter son front à baiser.)
FANNY, lui sautant au cou.
Dormez bien, ma bonne tante... Pour moi, je suis bien sûre que je vais danser toute la nuit, en rêvant.
MADAME DE P RANGE Y
Petite folle!... Annette, des (lambeaux.
A NNETTE.
Voilà celui de Monsieur. (Elle le donne, puis sort, et rentre un instant après portant deux autres ilambeaui allumés.)
DESORMFS.
En m'en allant, mon cher Haymond, je vais vous éclairer jusque chez vous.
RAYMOND, bas à Fanny.
Quand vous voudrez une autre fois que j'aille au bal, dites-le moi.
FANNY, gaîment, mettant un doigt sur la bouche.
II ne faut jamais parler aux messieurs. (Pendant la ritournelle du morceau suivant, les deux jeunes filles vont embrasser leur oncle.)
Ani : Final du premier acte d'un Duel sons Hichelieu.
RAYMON D
Bonsoir, bonsoir ! la nuit s'avance , Et vous promet un doux sommeil ; J'emporte avec moi l'espérance De vous revoir dès le réveil.
ANNETTE
Pour moi, lorsque la nuit s'avance.
Je n'ose goûter le sommeil ;