PATOUILLET, MARIE
PATOLILLET. •
A nous deux, ma mignonne... Maintenant que nous voilà seuls, dis-moi donc pourquoi tu veux nous quitter... nous... c'est-à-dire, moi, méchante.
MARIE
Je m'ennuie ici.
PATOLILLET.
(^uand je n"y suis pas?
MARIE
Toujours.
PATOl ILLET.
Parce que tu ne veux pas m'écouter.
MARIE, la bouche pleine.
D'ailleurs, je pâtis...
PATOL' ILLET.
Laisse-moi donc tranquille! quand je te fais soigner, dorloter comme une princesse... Tout le monde ici a confiance en moi, et depuis que je t'ai fait prendre pour nourrice sur lieu par le cousin Uaubinet pour mon filleul Isidore, il ne s'est pas passé de jour que je ne t'aie donné des preuves de ma complaisance... Tu as des caprices et tu fais des scènes à te faire renvoyer dix fois pour une... Eh bien! en ma qualité de premier garçon de la pharmacie voisine, je fais tourner cela en ta faveur, sous prétexte qu'Isidore ne pourrait se passer de toi... ce qui n'est pas vrai... car enfin il a ses dents... il mange... il dévore... et il n'a pas plus besoin de nourrice que moi, c'est-à-dire, moi... si fait, j'en ai besoin aussi... Grâce à moi... qui veux être ton gros nourrisson... tu reçois tous les jours de nouvelles douceurs... de nouveaux profits... et ça me profite joliment!... IiiRratc!... tu ne m'en as pas encore témoigné un brin de reconnaissance!...
MARIE, se levant.
Laissez donc, ça dérangerait mon état normal, comme vous dites...
La, tu vois bien... te voilà rcvôche avec moi, comme avec tout le monde.
MARI E
Dame! un nourrisson, voyez-vous, c'est saci'é, et tant que j'y serai de (pielquc chose...
A lu bdiiuc liriiri;!... l't moi aussi ji' suis di'-li-
cat... (Lui prenant la taille.) nous verrons plus tard... mais en attendant, voyons, que veux-tu?
MARI E
Je veux m'en aller...
PATOLILLET.
T'en aller!... allons donc !... si on te prenait au mot; mais non, je ferai augmenter tes appointements...
MARIE
Vrai!... alors, on verrait...
PATOLILLET.
Je te procurerai un petit cadeau... veux-tu?
MARIE
Tiens ! c'tc demande, un châle de mérinos... j'en ai envie.
Va pour le châle de mérinos... et un pain de sucre pour que ton lait soit plus sucré... et toi, plus douce pour moi... qui ne te refuse rien, et la preuve c'est que je ne t'oublie pas. (Lui donnant une boite.) Voilà une boîte que je t'ai réservée.
MARIE
Merci !... je la prends.
PATOLILLET.
Ainsi, nous sommes d'accord... tu restes...
MARIE
Comme ça... je veux bien... mais à une condition encore... c'est que Madeleine sortira.
PATOUILLET
Comment! tu exiges...
MARI E
Oui, oui... ou il n'y a rien de fait .. toujours des disputes, des espionnages.
PATOLILLET.
Eh bien !... oui, la... elle s'en ira... mais plus tard... je trouverai une occasion; tu vois, je fais tout ce que tu veux; mais toi, tu seras aimable... MARIE, riant bêtement.
Eh! eh! eh!...
PATOLILLET.
Et quand ce filleul sera sevré tout à fait... tu penseras au parrain?
MARIE
Eh : eh : eh !
PATOLILLET.
Et jusque-là, pas d'autre!...
MARIE
Eh! eh! eh! eh! c'est drôle que vous soyez amoureux comme ça tout d'méme... vous, un monsieur de Paris, qui devez...
PATOLILLET.
Eh bien! pas du tout... vrai! parole d'honneur!... tu es ma seule et unicpie passion... J'aime les Udurrices, moi!... c'est un goût ([ue j'ai conservé de mou enfance; pas plus haut ((ue ça, j'étais fou de ma noiurice... aussi, vois-tu...
M A DAME D A L R I N ET , On ilelliH);.
Allons donc, monsieur Uaubinet.
DALBINET, on dclior.s.
\i' le fâche pas, je suis prêt...
nh
Li^s Di:rx NounuiCF.s.