É DOUA KO
Qu'y a-t-il?
VAN-BROOK, à part.
Qu'allais-je faire? le défier aussi, lui qui ne
pense à rien, qui ne l'aime pas! car jusqu'ici il
s'est bien conduit, il n'a pas fait attention à elle...
^ Il est gentil, ce jeune homme, et si je pouvais
seulement l'éloigner...
Que dites-vous?
Je dis... qu'en ami... et dans votre intérêt, je ne conçois pas ce qui peut vous retenir dans ce mauvais village des Pyrénées... que diable, jeun(! homme, à votre Age... on ne reste pas aux eaux à ne rien faire; voilà le moment de vous lancer dans le monde, de commencer votre état, votre carrière... et si je peux vous y aider, disposez de mon crédit, de ma fortune... M. Van-Brook, autrefois dans le commerce.
EDOUARD
Je le sais, monsieur... j'ai entendu parler de vous depuis longtemps,., bien plus, j'ai mille raisons pour vous rendre service, et j'espère bien vous le prouver... plus tard, nous en causerons, mais ce matin, je vous demande pardon, je pars à l'instant pour Gripp.
VAN-BROOK, vivement et le retenant.
Vous partez pour Gripp, ce matin?
EDOUARD
Oui, vraiment!...
VAN-BROOK, à part.
Ah! mon Dieu!... est-ce pour cela qu'elle n'a plus la migraine, elle qui ne voulait plus et qui veut maintenant... mais je serai là, je connaîtrai ses projets... oui, oui, c'est le meilleur moyen d'observer et de savoir à quoi m'en tenir... Je vais tout commander... adieu, adieu, monsieur Edouard, bientôt nous nous reverrons! (Il sort en courant.)
EDOUARD
Il sort, il me laisse!... si je pouvais... il me semble entendre du bruit dans la chambre de ces dames. (Il s'approche de l'appartemenl de Caroline et regarde par le trou de la serrure.)