SCÈNE IX
VAN-BROOK, entrant par lo fond; ALFHliD, par la droite; CAROLINE, près de la chaise d'Edouard qui reste assis; LISTOU, entrant après Alfred.
VAN-BROOK et ALFRED.
Caroline!...
CAROLINE, s'élancant près d'Alfred.
Monsieur!... monsieur, daignez m"entendre!
LISTOU, bas à Edouard.
Je les ai promenés pendant une heure... c'est tout ce que j'ai pu faire.
KDOUARD, bas.
C'est bien !
ALFRED
En tète-à-tête avec monsieur!
VAN-BROOK, tirant son calepin de sa poche. Et depuis trois heures!
Quand vous saurez...
ALFRED
Je no veux rien entendre...
Ni moi non plu';...
A L F RED
Tous nos nœuds sont rompus, mais c'est à monsieur que je demanderai raison...
VAN-BROOK
Oui, monsieur, nous exigeons une explication.
EDOUARD, toujours sur sa chaise.
Et sur quoi, s'il vous plaît? je n'ai rien à vous dire.
VAN-BROOK
C'est juste! les faits parlent d'eux-mêmes.
EDOUARD, se levant.
C'est moi à mon tour qui vous demanderai de quel droit vous venez ainsi faire un éclat... dans un logis que j'ai loué... qui m'appartient, et où je suis le maître.
ALFRED, avec colère.
De quel droit?
VAN-BROOK
Vous le savez bien...
ALFRED
Et si vous l'ignorez, je me charge de vous l'apprendre.
Quand vous voudrez...
ALFRED
Ici-même.
EDOUARD
Vous êtes deux, messieurs...
ALFRED, allant à Edouard.
Un seul suffira, et c'est moi.
VAN-BROOK
Non, morbleu!
ALFRED
Je l'exige.
VAN-BROOK
Et je ne le souffrirai pas...
EDOUARD
Je vous mettrai d'accord, car c'est à tous les deux que je m'adresse.
LISTOU, à part.
Est-il enragé, ce petit-là !
EDOUARD
Quant à l'ordre du combat, le sort en décidera; mais je suis sans armes.
ALFRED
Les officiers qui sont avec ces dames nous prêteront leurs épécs... je cours les chercher...
Et moi, j'ai vu chez le meunier du Gave de vieux pistolets que je lui emprunterai.
EDOUARD
Soit, je vous attends. (Van-Brook et Alfred sortent.)