AI,FREI
Voici des armes... et maintenant, je sais à vos ordres.
C'est bien !
ALFRED
Vous pouvez choisir.
EDOUARD
Un instant... il faut attendre M. Van-Brook.
ALFRED
A quoi bon?
EDOUARD
Je lui ai promis que le sort déciderait... et si vous me tuez, j'aurai privé cet honnête homme d'une satisfaction à laquelle il avait droit.
ALFRED
Mais, monsieur...
EDOUARD
II y compte... je le lui ai dit... je tiens à ma parole.
Nous devions nous battre ce matin, si je découvrais que vous fussiez aimé... et maintenant que j'en ai la preuve... maintenant qu'il ne me reste aucun doute...
EDOUARD
Vous êtes bien bon, moi , j'en ai encore, et si je n'avais l'air à vos yeux de vouloir éviter un combat, je vous dirais que, dans ce moment, nous nous disputons tous les deux une conquête que nous enlève un troisième.
ALFRED
Que dites-vous ?
EDOUARD
Que Caroline épouse aujourd'hui M. Van-Brook.
ALFRED
Ce n'est pas possilile.
EDOUARD
Je vous l'atteste, j'ai vu la demande et la réponse.
ALFRED
Il se pourrait!... Caroline...
EDOUARD
Et c'est pour cette femme que vous avez abandonné une pauvre fille qui vous aimait tant. ALFRED, tressaillant.
Monsieur!
C'est au moment d'un mariage, quand elle vous attendait, que sans égards, sans pitié, sans la préparer à cecoup fatal, vous écrivez qu'un autre hymen...
ALFRED
Ah! qui vous l'a dit ?
EDOUARD
Ce billet où vous renonciez à elle, ce billet qui l'aurait tuée!... Si elle ne l'avait pas reçu... s'il était tombé entre les mains de sa sœur, que vous ne connaissez pas... et qui, joyeuse, arrivait pour ce mariage?
ALFRED
Ah ! s'il était vrai! quoi! sa sœur?...
EDOUARD
Oui, sa sœur aînée , madame Delmar, qui , craignant le désespoir d'Emma, est partie pour veiller sur vous, et lui a promis de vous ramener près d'elle.
ALFRED
Il serait vrai?
EDOUARD
Eh bien! ai-je tenu parole?
ALFRED
Quoi! c'est vous... vous seriez...
EDOUARD
Eh! oui...
ALFRED, se jetant à ses pieds.
Ah! madame!...