ERNESTINK, LA DUCHESSE, LA PRINCESSE DE BLAMONT-CHAUVRY
Entrez, ma tante, entrez: voici ma sœur.
LA DUCH ESSE, s'av.iurant imur iVml)r.l^se^. Ah! ma tante !
L'Aàll GliANDKT.
I,A PBINCKSSE.
Du tout!. . iloiiiie-nioi ton beau front: jo te défends de baiser mes rides; les vieiliurds ont une politesse à eux.
EIINESTINF. I
Cela vu-t-il un peu mieux, bonne sœur".' j
LA PRINCESSE. '
Je viens m'informcr de ta santé; car, depuis quelque temps, je ne te reconnais pas! tu ne pa- i rais plus au cercle de Madame, on ne le voit plus dans nos salons, tu soulfres, tu pleures mCmc quelquefois!... que signifie cela?
LA DUCHESSE, souriant avec effort. j
Ob! ce ne sera rien, jo l'espère. |
ERNESTINE
Moi qui revenais si contente et si lieureuse de j mon petit voyage!...
LA DUCHESSE
Tu avais tes raisons pour cela.
ERNESTINE
Mais, grâce à vous, j'en vais avoir pour être triste. C'est au point que je n'ai pas encore osé vous parler de la joie que la mère de Charles a éprouvée en embrassant la future de son fils, je pourrais presque dire sa femme, puisque notre contrat est signé. Elle était si fâchée de n'avoir pu venir à Paris! Mon oncle d'Augicourt vous dira comme elle l'a remercié de m'avoir conduite auprès d'elle.
LA PRINCESSE
Et depuis quand de retour ?
Depuis hier soir, ma tante, et je serais allée vous voir, si je n'avais trouvé ma sœur si changée et si souffrante, .\vez-vous fait appeler le docteur?
LA DUCHESSE
Enfant:... Est-ce qu'un médecin peut me guérii?
ERN ESTINE.
Mais, dame ! c'est son métier.
LA PRINCESSE
Ah ! s'ils faisaient de ces cures-là?
ERNESTINE
Et tous nos amis? se portent-ils bien? le général... y a-t-il longtemps que vous ne l'avez vu? (La princesse va s'asseoir à gauche, et prend un journal sv.r la table.)
LA DUCHESSE
Le général?...
ERNESTINE
Oui!... Question inutile, n'est-ce pas? il vient tous les jours, comme d'habitude.
LA DUCHESSE
Je ne l'ai pas vu depuis ton départ.
ERNESTINE
Est-il possible? voilà qui est singulier!... Ab! si je l'avais su, je lui aurais bien demandé pourquoi, par exemple!...