‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 405 sur 764 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les Mêmes, ARTHUR D'AULNAY,

entrant d'un air sombre.

LOUISE

Ah 1 c'e'ît vous, Arthur! comme vous venez tard aujourd'hui.

ARTHUR, qiii l'a saluée, froidement.

Vous trouvez, madame?

LOUISE, gaiement. Mais apparemment, puisque je vous le dis.

ARTHUR, avec amertume.

Oh ! ce n'est pas une raison.

LOUISE

\"ous semblez mettre bien peu d'empressement à venir me rassurer tout à fait sur votre santé. ARTHUR, l'interrompant.

Avez-vous eu beaucoup de plaisir hier au Théâtre-Italien, madame?

LOUISE

Oh! beaucoup.

ARTHUR

Et c'est sans doute la musique de Bellini?

LOUISE

Oh!... ce n'est pas seulement la musique.

ARTHUR

Ah!

ÉGLANTINE, à part.

Ma marraine tient parole; elle se moque de lui.

LOUISE, continuant.

Hier, tout m'amusait : les toilettes des dames., la physionomie des messieurs.

ARTHUR, se contraignant.

Eu effet, il y en avait de si intéressantes !

LOUISE, le regardant avec malice.

Et de si drôles!... (Tendrement.) Puis, vous étiez auprès de moi.

lîien obligé!... mais pendant que votre bouche me prodiguait toutes les félicitations d'usage sur mon aventure, vous n'avez pas détourné les yeux de je ne sais quel individu qui, placé au balcon, lorgnait sans cesse de notre côté.

LOUISE

Je le regardais... pas plus que tout autre.

ARTHUR

Cependant...

LE COLLEUR

LOUISE

Serait-ce là ce qui, dans ce moment, vous fait froncer le sourcil? .

ARTHLR.

A moi !

LOI! SE

Oui, à VOUS... Toutes vos paroles ont un petit air piqué qui semblerait annoncer que mes yeux ont commis une grande faute. Eh bien ! voyons, qu"ai-je fait?

ARTHUR

Rien, rien... que je sache, je vous jure.

LOUISE, l'examinant.

Ainsi vous n'avez pas à me gronder.

AKTIIUr..

Mais non, madame.

LOUISE

Vrai?... ah! tant mieux!... C'est si ennuyeux les querelles ! on perd un temps si long à s'expliquer!... C'est à cela que je passais ma vie avec mon premier mari... Aussi, ce qui m'a charmée tout de suite en vous, mon ami, c'est votre justice et votre raison.

ARTHUR

Vous plaisantez, madame.

LOUISE

Non, non, sans cela, mieux vaudrait rester veuve.

ARTHUR

Eh bien! madame...

LOUISE

Quoi donc? Pourquoi vous arrêter? Est-ce que votre pensée vous fait peur? dites toujours...

ARTHUR

Je pense...

LOUISE

Encore ! achevez donc !

ARTHUR

Qu'il vaut mieux rester garçon que d'épouser une coquette.

LO u I s E.

Ah ! j'ai donc été coquette? C'est possible, mais alors sans mauvaise intention, et bien naturellement, je vous jure; car je ne m'en suis point aperçue. Voyons, dites-moi comment et avec qui?

ARTHUR

Avec qui, madame? avec qui?... je vous le dirai au premier jour d'Italiens. (Il sort vivement.) LOUISE, le suivant.

Mais écoutez-moi, Arthur.

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