‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 426 sur 764 · I.A DL Cil ES SE · texte numérisé non relu

I.A DL Cil ES SE

l'ne lettre!... (Elle la ramasse et lit l'adresse.) " A « Dona Cabrera , pour remettre à sa nièce, la du- «1 cliessc d'Ascoli. »

UONA CAIiR Kn A.

(ioiuiucnt '.'... mais personne ne m'a cliarséel... \ois donc ce que c'est.

LV DUCHESSE, oiwraiil la lettre.

Oui, voyons. (Eilclit.) » Madame, je profite d'un <i moment où votre respectable tante s'humilie de- « vaut le Seigneur pour glisser dans sa i)oclic... »

DONA CAIîREP.A.

Ou'cntcudsjc?... à l'Oglisel... Quelle impiété!... LA DL eu ESSE, Continuant de lire.

« pour glisser dans sa poche cette missive qu'elle u se hâtera sans doute de vous remettre. J'ai « un ami, madame, que j'aime comiue un frère; « il est jeinic, plein de cteur et de Inyauti', Il niais d'un caractère aventureux et romanesque; Il il n'a pu vous voir sans perdre la raison. « Simple lieutenant au régiment de Castille, il H prétend qu'il peut aimer une duchesse et s'en Il faire aimer tout aussi bien que d'une simple Il villageoise; qu'avec lui sentiment profond dans « le cœur rien n'est impossible; ([u'alors vouloir Il c'est pouvoir, et que, pour vous plaire, s'il faut Il qu'il devienne gi'and d'Espagne ou général, il " le deviendra. Je crains que, dans son (exaltation, « il ne finisse par vous compromettre et par s'at- 11 tirer votre colère, et c'est pour le sauver de ce Il malheur que je me décide à trahir son secret. 11 Je vous en supplie, madame, soyez indulgente 11 pour un pauvrejeune homme, et, quoi qu'il fasse. Il dites-vous à vous-même qu'il ne serait pas coui< pable s'il ne vous avait pas vue. »

DON A C \ lUl EL, A.

Qu'est-ce que tout cela signifie'^

LA DU Cil ESSE.

Mais, ma tante, cola me paraît assez clair : c'est un jeune homme qui m'aime.

DONA c A B I! E II \ .

Tn simple lieutenant!... Et la duchesse d'Ascoli, dame d'honneur de l'auguste reine et régente d'Espagne, Marie d'Autriche, le souffrirait?...

Il faudrait d'abord savoir conmient rempêcher.

D0.\ A (, \ iUi EL. A.

Ail! si j'étais à ta place, comme je ferais jeter riiisi)lei:t en prison !

LA DUCHESSE

Je crois qu'il est un meilleur moyen de le faire repentir di^ sa folie.

IIOXA CARnER^.

Lequel?

LA DUCHESSE

L'indin'i'reiice.

|)0.\ A c. \ r.ll ERA.

Oui, oui, on commence toujours ))ar l;i... Mais après!... surtout avec des tètes pareilles!...

L\ DUC HESS 1.

Ah! ma tante!... Quand, ])luiot ([ue de céder aux persécutions des plus jeunes et des plus élégants seigneurs de la cour, j'ai pris la résolution, après deux années de veuvage, d'épouser un homme d'un ;ige mûr, le mar((uis de Santa-Crux, généra! illustre et gouverneur de notre jeune roi, ce ne sera pas certes pour succomber devant les poursuites d'un lieutenant au régiment de dastilli', dont je ne sais pas mémo le nom.

DON A CARRERA

Dieu le \e'uille!... L'ne seule chose me rassurr, c'est que le marquis de Santa-Crux doit arriver aujourd'hui même. Ah! mais j'y songe!... Ce jeun-' homme que j'ai pris pour un démon, et qui tout à l'heure... Ah! mon Dieu, si c'était lui!

Qui sait?...

DON A CARRER \

Je cours à l'instant faire visiter le jardin, le cbfiteau, commander qu'on lève le pont, ([u'on veille à toutes les portos!... Je ne serai un ]ieu tranquille que quand je me serai bien assuri'o que cet audacieux lieutenant ne peut arriver jusqu'il moi... ou jusqu'à toi. (Elle sort vivement par le fond.)

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