‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 518 sur 764 · V K II N A X T · texte numérisé non relu

V K II N A X T

Il a du mérite?

FI! ANC I s.

F-h 1 non, non; il a cinquante ans, voilà tout.

VERXANT.

11 est aimable au moins?

FRANCIS

Il me gronde toujours...

Delà touinure.... l'air distingué?

FRANCIS

Je t'en fiche!... vieille France, rococo... c'est un gros... qui a une figure... des jambes et des yeux...

r.nlin, ta sœur est heureuse avec lui?

FRANCIS

Ail! ça, oui, il n'est presque jamais avec elle.

V E R N A N T, à part.

Ça me rassure... et je n'ai plus qu'à sonjier aux moyens delà revoir... sans témoins.

FR wcis.

A quoi penses-tu donc?

VERN ANT.

A la propriété de ton beau-frère... jolie mailu... parc superbe... Qu'est-ce que c'est que ce l 'lit pavillon qui est là-bas, au bout du jardin?

FR WCIS.

Kt qui a une petite porte de sortie sur la <ampagne, presque en face de ta maison?

V V. Il \ A \ T.

.Jll^lCUIl'Ilt.

FR WCIS.

C'est le cabinet de travail de ma sœur...

VERNAXT, ;'i part.

Je ne m'étais pas trompé. (Haut.) Ah! c'est son cabinet de travail?

FRANCIS

C'est là que tous les jours elle va seule se livrer au dessin, à la musique, à l'étude, pendant une partie de l'après-midi... souvent jusqu'à la brune...

V E R X A N T, à part.

Merci.

FRANCIS

Et tu ne sais pas? Comme tu arrives toujours trop tard au rendez-vous que je te donne ici pour aller à la chasse, il m'est venu une idée...

Laquelle donc?

FRA\CIS

Tu es obligé de faire un long détour à cause de notre parc.

VERNAXT, vivement.

Eh bien! j'ai pensé à t'apporter pour demain la clef du pavillon dont tu parlais tout à l'heure, et qui se trouve tout près de chez toi.

V ERNAXT.

Tu vas au-devant de mes désirs... je n'osais pas te la demander. (A part.) Je pourrai donc lui parler seul aujourd'hui même. (Haut.) Un cadeau en vaut un autre... (Il Ini présente un porlefeuille élégaul.) FRANCIS, prenant le portefeuille et oubliant Je lui

donner la clef.

Ah! les jolies tablettes! je les montrerai à ma sœur.

VERN ANT.

Oui.. .elle verra, d'après ce qu'elles contiennent, ce qu'elle doit penser de notre amitié... FRANCIS, vivement.

Klles contiennent donc quelque chose? (Il va

pour ouvrir les tablettes.)

II A R I E , eu dehors.

Francis! Francis!

FRANCIS

Ah ! pardon... c'est Marie, ma cousine, qui m'appelle pour la tourterelle que je lui ai promise, et (|ue j'ai dans ma poche... je cours la lui faire remettre par notre domestique... et pour cause. VERN ANT, l'arrêtant.

Eh bien ! eh Inen ! et la clef?

FRANCIS

Ail I je n'y songeais plus...

Aiu (II' Pri'ville H Tnronnfl.

Prends cette rlof, et qu;ind je te la donne, Quoique plus jcuue et lii'U moins grand ici, Je l'avouerai , jo pense que personiio .Ne saurait inii.'ux so monlror ton ami.

VERN A N T.

Mon clier l''raii(is, vrai... jo le pense aussi... Qu'en ce moinont tu m'épargnes de peine,

UlN FRÈIU': DE QUI.NZK ANS.

Pour arriver oii je veux. ..oui ma foi... Nul n'aurait pu m'obliger mieu.x que toi; Et bien souvent, comme a dit La Fontaine, On a besoin d'un plus polit que soi.

FRANCIS, gaiement.

La Fontaine a joliment raison... Cher ami, au revoir; n'onbliu pas de te servir de la clef. (11 soir.)

VKRNANT, seul.

Certainement, je m'en servirai. (Diichemin paraît dans le fond.)

m en KM IN, à la cantonade.

Khi Pierre Broussailles! Pierre Broussailles!

V rUN ANT.

Qui est-ce qui vient là? Diable, si c'était le mari... nous ferons connaissance une autre fois... ce n'est pas lui que je cherche, (Il court pour sortir et se rencontre, à la porte, noE à nez avec M. Duchemin. Ils se saluent réciproquement.) Entrez donc, monsieur, je vous en prie.

DUCHEMIN, à la porte.

Après vous, monsieur, après vous.

VEUNANT, à part.

Oh ! nui, ça doit être le mari... (Passant et saluant.) Pour vous ôtre agréable. (Il sort.)

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