‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 576 sur 764 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

OLIVIER, seul, paraissant sur le mur.

Négligé très-élégant.

Bon! la grille est fermée... le mari est absent... à moi le champ de bataille! oh!... il est joli le champ de bataille! tout parsemé de tessons de bouteilles... comme ça coupe!... diables de tessons, va!... mon sang qui coule au commencement de l'aventure... quel présage! n'importe... le mari monte la garde... sa divine compagne m'en a instruit, en me disant combien elle avait peur ces jours-là... la nuit... seule dans sa petite maison... et je ne puis manquer à un rendez-vous si positif... Descendons... je me suis déjà di'chiré les mains... prenons garde de nous déchirer autre chose. Un instant... qu'est-ce que je vois là, audessous de moi? une niche à chien, Dii^u me pardonne!... (Il se remet sur le unir.)

Am du Lutli ynlant.

Fichtre ! halte là ! je n'ose plus broncher. Toute la nuit me faudra-t-il percher !

L'amour m'a fait beau jeu, mais le hasard me triche. Quand la femme m'attend, faut-il que dans sa niche, Pour m'arrêter tout court, je rencontre un caniche... Où la fidélité va-t-eUe se nicher!...

Sachons d'abord si elle est occupée... C'est que le mâtin me déchirerait autrement encore que les tessons de bouteilles... Hum! hum! Pataud!... il ne sort pas de sa demeure! (Il jette un morceau de plâtre.) Rien non plus! la bête est en ville... je puis me risquer... et sa maison va même me servir de courte échelle. (Il descend.) Bon!... me voilà en bas... le mari est retourné au poste; moi je suis au mien... il ne s'agit plus que d'annoncer ma présence par un léger prélude... je suis ému comme le jour d'une première représentation. (Il chante : Je suis Lindor, et s'accompagne en frappant sur son chapeau. — On entend la voiï de Ravinet.) Oh ! le mari ! ( Il se cache sous le balcon.)

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