‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 577 sur 764 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

OLIVIER, sous le balcon; RAVINET et ERNESTINE, paraissant sur le balcon.

RAVINET

Qu'est-ce que c'est que ça?

ERNESTINE

C'est le crin-crin de quelque musicien de la barrière, sans doute.

OLIVIER, sous le balcon.

0 présence d'esprit féminine!...

RAVINET

Ou plutôt un aveugle t(ui rentre dans son galetas.

OLIVIER, sous le balcon.

Aveugle! J'espère bien que c'est lui qui sera aveugle.

RAVINET

Mon ami ?

RA VI\ ET

As-tu recommandé à Antoine de placer les traquenards et les pièges à loup autour de la maison, pour te rassurer pendant mon absence ?

ERNESTINE

Oui, mon ami.

OLIVIER, à p.irt.

Qu'entends-jc! Elle sait que je dois venir, et elle fait placer des pièges à loup... Ah! mais... ah ! mais...

i; Il \ K, s T I N E.

Vous aurez un icinps superbe pour vos patrouilles; quand il pleut, vous ne sauriez croire combien je souiïre pour vous !

OLi viER , à part.

C'est ça, ellr m'a l'air sensible ! Dos pièges à loup !

LES M A lus VENGKS.

nAViNET, se iipnph.inl pour voir 1p temps. Oui. oui, l'orage s'est dissipé, il n'y aura pas do pluie. 11 faut que j'arrose mes fleurs.

OLlVIKn.

Arrose, arrose, gros horticulteur!... (Ha\iiipt prend un arrosoir et le -vide, une partie tombe siu- la tèlc d'Olivier.) Oh!... ça me coule dans le dos!

F.RNESTINE.

Mais, mon ami, vous versez à coté.

Tu crois?

oi.iviKH, à part.

Klle appelle ça h cùté.

RAVINET

Donne-moi l'autre arrosoir.

ERNESTINE

Mon ami, il est vide.

01, (VIEP. , à p;irt.

C'est heureux!... et être obligé de gober tout sans broncher, comme un soldat, l'arme au bras, sous le feu de l'ennemi.

R AVINET.

Mais l'heure de ma faction approche... passons vite mes buffleteries.

OLIVIER, à part.

Ah! enfin! il va donc partir, le buffle!

RAVINET

Toutes les fois que je suis obligé de te quitter, Ernestine, il me semble... que je vais ètïe...

ERNESTINE

Quoi donc? monsieur...

RAVINET, avec un soupir.

Ah! rien! rien... (La baisant au front.) Adieu, Ernestine... pense à moi. (Ils disparaissent du balcon.' OLIVIER, seul.

Diable! il va peut-être traverser la cour... justement... oh ! (Il se blottit contre le coin de la maison.) RAVINET, paraissant dans la cour.

Et être obligé d'aller faire une faction à la mairie, quand on a une femme dans sa maison, la jalousie dans son cœur... et froid aux pieds! O patrie! Encore si on pouvait emporter une chaufferette ! (Il place son fusil sur l'épaule, et manque d'éborgner Olivier avec la baïonnette. — Il sort et fermf; la grille.)

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