‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 603 sur 764 · GOMBAULT, NOGARET · texte numérisé non relu

GOMBAULT, NOGARET

GOMBA i; I.T.

Maintenant, quel que soit mon sort, je ne me plaindrai pas ! Mais voici Nogaret qui vient fort h propos.

A" 0 ('. A i; E T, entrant vivnnent.

J'ai trouvé ma rime ! j'ai trouvé ma rime ! (Apercevant Gombanlt ) Ah ! te voilà... tu seras content de moi, ô mon illustre frère en poésie!... Quand je dis frère, tu es mon aîné... je suis le cadet... le cadet de beaucoup!... presfiue l'ii nourrice encore.

GOMlîAUi, T, à liii-niènip.

Comme elle tremblait en me parlant.

\0G ARET.

Je ne t'égalerai jamais! Pourtant, qui sait... mes progrès sont effrayants... Il y a deux mois, je ne savais pas ce que c'était qu'un vers, et ce matin, j'en ai fait trois sans débrider. GOMBAUI.T, de même.

Oh ! ce n'était pas pour lui seul !

N oc ARET.

Je crois. Dieu me pardonne, c[u"il ne m'écoute pas. (Élevant ia voix.) Olivier! mon ami ! G o M B A u I.T, se retournant.

Ah! bonjour, mou cher vicomte.

^0GARET.

Appelle-moi ton élève, ça me fait plaisir.

GO MB AU LT

J'ai un service i\ réclamer de ton amitié.

!\0G\REr.

I Volontiers... A condition que tu écouteras d'abord mes trois vers. (Hùclamanl.) Minuit allait sonner...

GOMBVII.T, rcp.irl.iiil la ih'iuIiiIi'.

Minuit, dis-tu... l'on nraltend.

I L'on t'attend... la n'roniponsc di' quilqur -ou-

LK CllKVAL I)K (1 H KOHI,

iR't, lie (|iiL'lque ballatlo... qiu!l<nie délicieux rriiilcz-vous, sans iloulc?

(iOMB ALI. T.

Oui, où tu vus nie servir do témoin.

^0(•. Aî\ET.

Ah bah !... tu veux te battre? toi... qui nous disais, pas phis tard qu'hier, de si belles choses contre le duel!

0 0 M BAUI.T.

Eh! je vous en dirai de bien plus belles encore demain, s'il plaît à Dieu et à M. de Créqui.

NOOAnET.

M. de Créqui ! c'est avec lui que tu vas dégainer? (A part.) Diable ! diable! (Haut.) Et il n'a pas de honte... s'attaquer à un génie sublime qui ne sait pas seulement parer en quarte ni en tierce... Eh bicti! non, tu ne te battras pas... c'est moi, moi seul !... et avec l'arme la plus terrible !... celle du raisonnement.

Ans du Piéijc.

O poètes! démons du ciel, Race guerroyante et fougueuse.

"Vos lèvres distillent le miel, "Votre âme reste furieuse.

Pour flétrir d'indignes combats, Je m'en vais rimer au plus vite :

Créqui, morbleu! tu m'entendras...

GOMBAULT, à part et gaiement.

Il est sûr de le mettre en fuite.

D'ailleurs, je ne souffrirai pas que le duel ait lieu ce soir; demain, si vous le voulez absolument.

GOMBAULT, à part.

Ce diable d'homme !... il serait capable... (Haut.) Oui, demain, tu as raison... mais d'ici là, tu ne refuseras pas de me rendre un service?

Lequel"?

GOMBAULT, qui a écrit rapidement.

Tiens, prends ces tablettes. (A part.) Elle aura du moins ma dernière pensée.

NOGARET, prenant les tablettes.

Des vers !

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