A MARQi isE, à clle-mênje
I\Iadame de Caylus n'a pu rejoindre M. de Créqui.
!\0C. ARET.
C'est le ciel qui vous envoie, belle dame, i)our me tirer de peine.
Parlez, monsieur, de quoi s'agit-il ".'
De remettre ces tablettes à la reine.
LA MARQUISE
De votre part?
XOGARET.
Du tout... ne confondons pas... je ne lève pas les yeux aussi haut... j'ai la vue basse., il est bien permis d'être perfide ; mais il ne faut jamais être inconvenant, et je n'aurais certes pas eu l'impertinence d'avoir recours à vous, la meilleure amie de madame de Caylus, que je fais profession d'adorer... D'ailleurs, il n'appartient qu'au plus grand de nos poètes d'adresser des vœux à la reine.
LA MARQUl SE.
Quoi! monsieur, ces tablettes?
NOGARET
Sont pour la reine, oui, madame... une déclaration des plus passionnées.
LA MARQUISE, à part.
Oii! mon Dieu! (Haut.) Donnez, monsieur, donnez, je remplirai votre désir.
NOGARET, lui remettant les tablettes.
Ah! merci, mille fois... parce que, voyez-von^, la reine m'aurait peut-être fait des questions... ei ça m'aurait embarrassé... il m'arrivc certainelui'ut de dir.' parfois de très-jolies choses... tout
ACTK l' Il K Ml Eli.
.le siiKe... mais jciimc mieux le>- pivimrer à loi- --ii'.
L\ MAP. y LISE, i p.tlt.
11 ne me reste plus qu'un devoir... il m'a sauvé lu vie... demain nous serons quittes. (Haut.) Mon- •^ieur le vicomte, si vous voyez M. de Créqui, dites-lui, je vous prie, que je l'attends.
NOGAr.ET.
A l'instant même, madame. (A part.) Oh ! mais, J"y songe... si au lieu de remettre leur duel à demain... courons! il est peut-être encore temps. (Il sort vivement.;