SCÈNE X
GOMBAULT, dans une profonde rêverie; MADAME DE CAYLUS, LA MARQUISE,
vêtues de même.
MADAME DE CAYLUS, à la marquise.
Le voilà, plongé dans ses réflexions. Nous allons voir s'il est aussi digne do pitié qu'il en a l'air.
LA MARQUISE
Vous ne sauriez croire combien cette épreuve m'intih'esse.
MADAME DE CAYLUS
Ah! mon Dieu! moi qui ai oublié mon masque !
LA MARQUISE, tirant un masque de sa pocbe très -vivement.
Prenez le mien.
MADAME DE CAYLUS
Merci ! Maintenant, placez-vous derrière cette tapisserie, vous pourrez tout entendre.
LA MARQUISE, SB cachant à moitié derrière la portière de gauche.
J'écoute. (Madame de Caylus vient frapper sur l'épaule de Gombault et reste devant lui, immobile et eu silence.)
GOMBAULT, SC retournant.
Ciel! n'est-ce point un rêve? une douce vision! vain souvenir de la première!... Ah! laissez-moi m'assurer de mon bonheur... si je suis bien éveillé... (L'examinant.) Non, non; cette fois, je no me trompe pas... c'est bien le masque qui dérolia vos traits à mes regards... je le reconnais à un signe certain... l'endroit où mon épée... Oh! c'est bien lui !
MADAME DE CAYLUS, à part, riant.
Ah! ah! ah! voilà déjà le pauvre homme qui se prend sur un masque.
LA MARQUISE, à part.
Oh ! je commence à trembler !
GOMBAU LT.
Mais pourquoi m'avoir fui avec tant de persévérance, madame? Que pensiez-vous donc de