‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 732 sur 764 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

Les Mêmes, LA COMTESSE, LOUISE, DE VALLON.

LA COMTESSE

Mon Dieu! mon oncle, qu'y a-t-il?

MAZARIN

Ah! c'est vous, mesdames! il paraît que l'on a le temps de faire un voyage dans l'autre monde et d'en revenir, avant que vous ayez connaissance du départ et du retour. (A Guénaud qui va pour sortir.; Demeure, Guénaud.

LA COMTESSE

On vient seulement de m'apprendre...

MAZARIN

Ah oui! notre jeune Esculape de Montpellier, sans doute ? lui qui a eu pour moi les soins les mieux entendus et les plus désintéressés.

DE VALLON, à part.

Se douterait-il ?

MAZARIN

Mais, dis-moi, Guénaud, lorsque tu l'as mandé près de toi... si à propos, y avait-il longtemps que tu ne l'avais vu, ce cher neveu?

GUÉNAUD

Très-longtemps, Éminence.

MAZARIN

Et malgré cela, tu n'as pas eu de peine à le reconnaître?

GUÉNAUD

Beaucoup, au contraire.

MAZARIN

Il est vrai que la voix du sang... Et puis, il y a toujours un air de famille.

l.m: JOURNÉt: chez mazaki.n.

(iLKWll), stupéfait.

Vous iruuvcz qu"ii me ressciiible ?

DE VALLON, à part.

C'est un peu fort.

LOUISE, bas à la comtesse.

Je suis sûre qu'il sait tout.

L\ COMTESSE, (le même.

.Ne vous troublez pas.

MAZARiN, les examinant.

Eh mais, qu'avez-vous donc tous? pourquoi cette inquiétude?... rassurez-vous! je vais bien, parfaitement bien ! il n'y a plus le moindre danger... pour moi!... Ah! j'y suis maintenant; en effet, il est une chose qui doit vous int(?resser encore plus que !e rétablissement de ma santé, vous surtout, ma chère pupille.

LOUISE

Quoi donc, monseigneur ?

M AZARIN.

Eh mais, le départ de JI. de Vallon de la terre d'exil et son arrivée à Paris.

LOUISE, à part.

Ciel! (Haut.) Mais... je vous assure, monseigneur... que j'ignorais...

M AZARIN.

Oh! que non... mais ce n'est pas tout... vous en savez encore davantage, et vous pourriez dii e au besoin où il est en ce moment... et moi aussi. (Mouvement d'effroi 'le Louise, dont les regards se portent involontairement sur de Vallon. A.pai-t. ) C'est lui. (Haut, se tournant vers de Vallon.) Monsieur, il est inutile de feindre plus longtemps... vous êtes le chevalier de Vallon.

LOUISE, à part.

Nous sommes perdus.

DE VALLON, passant au milieu.

Eh bien, oui, je suis le chevalier de Vallon. Deux ennemis s'entendent toujours mieux de près que de loin, et c'est ce qui m'a donné la hardiesse de venir vous trouver jusqu'ici.

M AZARIN, à part.

Tant d'assurance n'est pas naturelle... (Haut.) Eh bien! monsieur, je vous écoute.

DE VALLOiN.

Nous ne sommes pas seuls, monseigneur.

M AZARIN.

C'est juste... qu'on nous laisse. (A Louise.) Vous, mademoiselle, veuillez vous rendre avec ma nièce dans votre appartement. (Aux autres.) Vous, dans la galerie, vous attendrez mes ordres.

LA COMTESSE

De grâce, mon cher oncle, un peu d'indulgence!

M A z A R I N , avec ironie.

.Monsieur n'en a pas besoin... nous traitons d'égal à égal. (Tout le monde sort.)

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