SCÈNE IL
Les Mêmes, GUICHONET, HIPPOLYÏE.
.Pendant cette scène, Claudine sort et rentre à plusieurs reprises, venant chercher et emportant dans le cabinet à droite la mappemonde, les livres, le buste d'Hippocrate, etc.)
GUICHONET, à Balandin.
i:h bien ?
CLAUDINE
Bonjour, mamzelle Polyte.
GUICHONET, de même.
Eh bien quoi ?
GUICHONET.
Est il arrivé?
BALANDIN, avec Une exaltation joyeuse.
Pas encore, mon ami, pas encore, mais il ne saurait tarder. 11 doit être à ma montre... midi!... déjîi midi!... et c'est à une heure... Allons, Claudine, allons, tu vois, nous allons être en retard. Dépéche-toi de décorer son cabinet... Ah! par exemple ! toi qui as de l'intelligence, tu portes ce buste la tète en bas à présent!
CLAUDINE
Dame! écoutez donc! un homme qui a inventé les saiîgsues, j'ai peur qu'il ne me morde. (A Hippolytp.) Venez-vous, mamzelle?
HIPPOLYTE, distraite.
Pourquoi faire?
BALANDIN.
Pour voir le cabinet de consultations de ion cousin.
m PPOLVTE.
Ça m'est bien é^al. (Elle va s'asseoir.)
GUICHONET.
« Ça m'est bien égal ! » quelle l'éponse déchil'ante! C'est jiourtant comme cela... tous les jours, depuis que je lui ai proposé pour mon gendre un homme superlie. .. un peu sec, mais vert!
HIPPOLYTE
Vert!... II est gris.
GUICHONET.
Ah! bah! le soir tous les maris sont... D'ailleurs, c'est un homme grave et tranquille.
r>AL A NDIN.
Ah! tu désires pour elle un mari tranquille et grave ?
Pas moi...
GUICHONET.
Quand on a été dix ans maître d'études...
BALANDIN.
Eh bien! laisse venir mon fils le docteur!... Mais d'abord, d'où souffrc-t-elle?
GUICHONET.
Est-ce qu'elle le sait? j'ai beau lui procurer une foule de plaisirs... Encore hier au bal.
HIPPOLYTE
Ah! un joli bal! où on ne dansait que la contredanse, la valse et le galop.
GUICHONET.
Eh bien ! qu'est ce qu'il te faut donc de plus? HIPPOLYTE, se levant.
De plus... vous ne pouvez pas savoir, mon père. (A part.) Et penser qu'il n'y avait personne qui pût... même me dire ce que c'est que cette danse de Paris dont tout le monde parle comme d'une chose si merveilleuse!... si entraînante!... (Fredonnant.) Polka! polka!
BALANDIN, la regardant.
Mais il me semble qu'elle va chanter! ce n'est pas mauvais signe.
GUICHONET.
Ecoutons !
HIPPOLYTE
Air nouveau de M. Doche.
Polka! polka!
Nouvelle danse, Toi dont la France Longtemps manqua, De ma souffrance Sois l'espérance, Polka! polka!
Quel est donc l'être, Le divin maître Qui te créa, Qui t'inventa?
Fais-toi connaître, Viens m'apparaître, Polka! polka!
LA POLKA EN PROVINCE
Mais, ô merveille !
Quand je m'éveille Un diable est là, Oui, toujours là, A mon oreille.
Et qui m'éveille, Criant : Polka !
(Elle va se rasseoir. GtiicUonpl et Bilandin, qui l'ont examinée et suivie pendant qu'elle a chanté, s'arrêtent et se regardent.)
G^]ICUO^ET.
Comprends-tu ?