‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 757 sur 764 · M. \ NUI N · texte numérisé non relu

M. \ NUI N

Comment?

STANISLAS

Kmpi'clicz-lcs, je vous dis.

lu ni' viMix pas les guérir?

LA l'ULKA i:.\ IMi(JVI\(;E.

STAMSI. \S.

Au coiiti'airc .. Je m; veux pas les tuer...

Toi, un grand médecin 1...

STAMSI. AS.

Elil je ne suis pas médecin.

H \I.A M)IN , effilé.

Hein I... (pra-t-il dit'.'... il n'est pas!... (Se laissant louibei' siu' une chaiso.) Alil... alil... je succombe...

STANISLAS

Eh bien !... qu'est-ce que c'est?... au secours !...

ItALANDIN.

N'appelle pas... retire-toi... laisse-moi seul à mon désespoir...

STANISLAS, éimi.

Il pleure!

BALANDIN.

Pas médecin!...

STANISLAS, de même.

Comment!... c'est ce qui vous fait?... Oli ! pauvre père, si je m'étais douté!.,, l-koutez-moi , mon père, mon victix père, je vous en prie... Eh bien, oui, j'ai eu tort... je vous demande pardon... BAL AND IN, sanglotaut.

J'en mourrai!...

STANISLAS, tlès-élQU. '

Mourir! oh! non, non, je vous soignerai, je vous sauverai I...

BALANDIN.

Pas médecin!...

STANISLAS, pleurant presque aui genoux de son père.

Au contraire... médecin, médecin comme un enragé!... ah! pas médecin!... pas médecin quand mon pauvre vieux père... oh! que si, je le suis, et à mort... à mort, ujédecin !...

BALANDIN, le prcssaut darfs ses bras.

Tu l'es? tu l'es?... bien sûr?

STANISLAS

Eh! oui, je suis docteur, |)iuirmacien, vétérinaire, herboriste, ventriloque, tout, mais ne pleurez plus, ou je ne sais pas ce que je suis capable d'être encore !

BALANDIN, transporté, se levant.

Cher enfant... mais pourquoi donc alors m'avoir fait cette affreuse alerte ?

STANISLAS

Pour vous surprendre plus agréablement ensuite.

Eh bien! c'est la preuve d'un bon cœur... Mais juge si je devais être désespéré!... apprendre cela au moment où plus de trente-quatre personnes...

STANISLAS, à part.

Fichtre!... Et les larmes paternelles qui m'avaient fait oublier cette fâcheuse circonstance!... (Haut avec résolution.) Mon père, je vais vous parler franchement... je suis... tout ce qu'il y a de plus docteur en médecine... c'est convenu... Mais le

jour où je pose le pied sur le sol natal, où je presse mon vieux père sur mon jeune sein do médecin, me forcer à poser des ventouses, à mettre des compresses et à donner des coups de lancette, c'est une tyrannie contre la<[uolle tout mon sang se révolte. Je n'y suis pour personne que pour vous. Fermez les portes.

BALANDIN.

Tu les recevras donc un autre jour?

STANISLAS

Tous les jours... où je serai visible.

BALANDIN.

Alors, je vais leur faire dire... mais ta cousine?

STANISLAS

Quelle cousine'.'... pas de cousine! je veux être tout entier aux alVections de famille.

BALANDIN.

Mais justement! puisqu'elle est de la famille et qu'elle a une affection, cette jeune personne !...

Elle est jeune?... c'est différent. Je lui donnerai une consultation. Est-elle jolie?

BALANDIN.

Charmante.

STANISLAS

Je lui donnerai deux consultations.

BALANDIN.

Cependant j'avais bien promis à l'huissier Girardot qui est sourd...

STANISLAS

Un huissier ! oh ! surtout pas d'huissier, ô mon père! (A part.) Quelque animal qui aura reçu d'un confrère de Paris l'ordre de me poursuivre.

BALANDIN.

Eh bien! alors, je vais vite chercher seulement ta cousine. (Se retournant au moment de sortir, à Stanislas.) Tu l'es?

STANISLAS

A mort! (Balandin va sortir.) Eh bien! est-ce qu'on quitte ainsi son petit Stanislas? (Ils se jettent dans les bras l'un de l'autre, Balandin sort.)

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