SCÈNE VIII
STANISLAS, GUICIIONET.
(Guichonet paraît à la porte du fond.) STANISLAS, surpris.
Qu'est-ce que c'est que ça?
GUICHONET, à lui-même, après avoir regardé Stanislas nn moment.
Ce ne doit pas être lui. (A Stanislas.) Le docteur Stanislas? s'il vous plaît.
STANISLAS, à hii-même, allant prendre sa canne. • L'huissier qui est sourd, je parie! Je vais voir. (Criant aux oreilles de Guichonet.) Connais pas. GUICHONET, étonné.
Plaît-il?
STANISLAS, à lui-même.
Quand je disais!... (Criant plus fort.) Connais pas je vous dis! (A part.) Quel pieu!
LA lM)iA\ l•:^ PilOVINCK.
Gl ICHOXKT, à lni-méiu£.
Ah! c'est cet étranger, ce jeune Anglais, son malade, dont vient de me parler Claudine, je l'ai reconnu tout de suite... Ces Anglais ont des figures!... (Arrêtant Stanislas près d'entrer dans la chambre latérale.) Pardon... vous avez peut-être de la peine à me comprendre... mais... (Baragouinant.) ji'- di'-mandé à vos lé meinlierr doctor...
STAMSLAS, à part.
Il parle allemand, c'est un juif!
GlICHONET.
Où été lé jeune médecine?
STAMSLAS, à piirt.
C'est ça! pour lui mettre la main dessus, au jeune médecine.
GLICHONET.
Le médecine doctor? (Il fait quelques gestes pour indiquer im médecin qui saigne et tâte le pouls.)
Hein? (A lui-même.) Que je lui réponde parle télégraphe?... Ah! bien, attends!... (Stanislas, posant son pouce sur le bout de son nez, fait avec ses deux mains un geste populaire et moqueur, puis celui des cantonniers de chemins de fer.) Gauche ! droite!
GCICHONET, à lui-même.
Comment!... Quels diables de signes me fait-il là?...
STANISLAS, multipliant ses gestes et s'avancant
sur Guichonet qui recule.
Ah! le coquin!... (A part.) Il ne m'entend pas, mais c'est égal, ça me soulage. (Haut.) Ah ! le gros coquin!...
GLICHONET, effrayé.
Monsieur!...
STANISLAS, de même.
Ah! le grand coquin!... (Redoublant de vivacité dans ses gestes et grimaces populaires et le poursuivant.) Gros coquin! grand coquin!...
GUICHONET, criant.
Au secours! au feu! au fou! (Il sort épouvanté; Stanislas rit aux éclats.)