‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 9 sur 764 · ACTE FliKMIKR · texte numérisé non relu

ACTE FliKMIKR

EBJiESTINF..

Voilà encore un des inconvénients de la centralisation.

ADÈLE

Ah!...

ERNESTINE

Et, comme le disent les pairs et les députés que je vois ici, s'il y avait une bonne loi muaicipale et départementale...

ADÈLE

Est-ce que cela rendrait les hommes moins inconstants.

ERNESTINE

Ça les forcerait peut-être de rester chez eux.

ADÈLE

On devrait bien proposer cette loi -là à la chambre.

ERNESTINE

Que veux-tu? le gouvernement ne songe pas aux choses les plus importantes. Mais, dis-moi, tu ne soupçonnes pas le motif qui a causé l'infidélité de ton futur?

J'ai tout 'lieu de croire qu'il m'a sacrifiée à quelque nouvelle passion.

ERNESTINE

Eh bien ! il faut te venger. Tu verras ici les jeunes gens les plus élégants et les plus aimables, et tu pourras choisir, un seul excepté.

ADÈLE

Lequel?

ERNESTINE

Celui que je dois épouser.

ADÈLE

Ah ! il est question de ton mariage?

Oui, avec M. Charles de Vaudel.

ADÈLE

Puisses-tu, ma chère Ernestine, être plus heureuse que moi!

ERNESTINE

Oh! je prendrai mes précautions; et précisément lorsque tu es entrée, je réfléchissais aux moyens de le tourmenter si bien, qu'il n'cAt pas le temps de penser à une autre que moi.

ADÈLE

Lo tourmenter?.., mais est-ce que c'e-st un moyen de se faire aimer?

ERNESTINE

Tu verras, tu verras!.,. Viens avec moi, je te vais présenter à ma sœur, que tu ne connais point, mais à qui j'ai souvent parlé do toi.

ADÈLE

Non, pas en ce moment : mes soins jwurraient ^tre utiles à mon père, il faut que je te quitte.

EnNESTINr.

Déjà!...

Je voulais seulement t'apprendre mon arrivi';e à

Paris, me rappeler à t«n souvenir; adieu, ma Iwnnc Ernestine, je te reverrai bientôt.

Je l'espère; et d'ailleurs j'irai te rendre ta visite. Tu habites la maison de M. de Jumilly?

ADÈLE

Oui, rue Joubert, n° 14, où je vais sans doute le trouver, en rentrant.

ERNESTINE

Je donnerai cette nouvelle à ma soeur : je suis sûre qu'elle lui fera plaisir.

ADÈLE

A bientôt, chère Ernestine.

ERNESTINE

A bientôt! (Ernestine la condnit jusqn'fi la porte du fond, puis revient en scène.)

ERNESTINE, scule un moujent.

Cette pauvre Adèle ! être trahie par un provincial!... Mais je gagerais qu'elle était trop bonne, trop affectueuse!... comme moi avec M. Charles!.. Ah! ce n'est pas ainsi que fait ma sœur!... aussi, on ne l'abandonne pas, elle!...

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