‹ Théâtre de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 115 sur 504 · AURELLY, PAULINE, SAINT-ALBAN · texte numérisé non relu

AURELLY, PAULINE, SAINT-ALBAN

; PAULINE inquicte.

Qu’a donc monsieur de Mélac, mon oncle? il sort d’avec

vous dans un état affreux. J’ai voulu lui parler, il s’est enfermé brusquement sans me répondre.

AURELLY.

Eh! mon enfant, il se trouve un vide de cing cent mille francs dans sa caisse , on ne sait ni comment, ni pourquoi. Je veux m’éclaircir: monsieur de Saint-Alban refuse lé temps nécessaire. ;

PAULINE effrayée.

Ah! monsieur, si vous avez de lestime pour nous... SAINT-ALBAN tendrement.

De Vestime!...

AURELLY.

Seulement jusqu’a demain; que je puisse découvrir... PAULINE.

Jusqu’a demain, monsieur... Nous refuserez-vous cette grace? .

SAINT-ALBAN

Ah! mademoiselle , je donnerais ma vie pour vous obliger : mais mon devoir a des droits sacrés que vous ne pouvez méconnaitre, vous qui remplissez si bien tous les vétres.

AURELLY.

Différer d’un jour, est-ce une faveur incompatible... ? SAINT-ALBAN.

W’abusez point de votre ascendant: il ne convient & ma mission ni & mon honneur que je vous écoute plus longtemps.

PAULINE outrée.

Comme il vous plaira, monsieur; mais j’ai assez de confiance en l’honnéteté de monsieur de Mélac , pour croire qu’on se trompe 4 son égard, et quil n’aura besoin ni de Pappui de ses amis , ni des graces de ses chefs.

Puissiez-vous dire vrai, mademoiselle! Mais, dans l’état ou sont les choses , il n’est pas décent que j’accepte un logement dans cette maison. Pardon si je vous quitte.

AURELLY avec chaleur.

Et moi je ne vous quitte pas, en quelque endroit que vous alliez.

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