SCENE XI
AURELLY , SAINT-ALBAN.
SAINT-ALBAN
Y concevez-vous quelque chose ?
AURELLY.
Je crois que la téte lui a tourné.
SAINT-ALBAN
Vous sentez que je ne peux me dispenser...
AURELLY...
Ne prenez point encore de parti.
SAINT-ALBAN
Monsieur... quoi que vous puissiez dire...
AURELLY.
Ayez confiance en moi. Mélac n’est pas capable d’une ac:
tion vile ni malhonnéte.
Songez donc qu’il partait ! Je répondrais de l’événement a ma compagnie.
AURELLY vivement,
Monsieur... Vous allez perdre un honnéte. homme: son fils , son état, son honneur, tout est abimé, ruiné.
SAINT-ALBAN
Yen suis au désespoir; mais, n’étant que chargé d’ordres ,
il ne m’est pas permis de faire des graces.
AURELLY.
W’a-t-il pas ses cautions? Que voulez-vous de plus? Je me
fais garant de tout. Donnez-moi le temps d’éclaircir... SAINT-ALBAN.
Un mot, a mon tour. Je ne dois pas prendre le change. Il ne s’agit plus de caution ici. C’est cing cent mille francs qu’il faut, que j’ai annoncés , que la compagnie attend : avancerezvous cette somme aujourd’hui ?
é AURELLY.
Ala veille du payement? Tout le crédit du plus riche ban-
quier ne lui ferait pas trouver un sac dans Lyon.