‹ Théâtre de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 219 sur 504 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

LE COMTE, ROSINE, FIGARO

(Figaro allume toutes les bougies qui sont sur la table.)

LE COMTE

La voici. — Ma belle Rosine}...

ROSINE d’un ton trés-compose.

Je commencais, monsieur, 4 craindre que vous ne vinssiez pas.

LE COMTE

Charmante inquiétude !... Mademoiselle, il ne me convient point @abuser des. circonstances pour yous proposer de partager le sort d’un infortuné ; mais = qaelane asile que vous choisissiez, je jure mon honneur..

ROSINE

Monsieur, si le don de ma main n’avait pas di suivre a Yinstant celui de mon cceur,.vous ne seriez pas ici. Que la nécessité justifie 4 vos yeux ce que cette entrevue a d’irrégulier.

LE COMTE

Vous, Rosine! la Ros d@un malheureux , sans fortune ; sans naissance!. He

ROSINE

La naissance , la fortune! Laissons-la les jeux du hasard ; et. si Vous m’assurez que vos intentions sont pures... LE COMTE 4 ses pieds, Ah! Rosine! je vous adore!...

ROSINE indignée.

Arrétez, malheureux !.... vous osez profaner....! Tu m/adores!.... Va! tu n’es plus dangereux pour moi; j‘attendais ce mot pour te détester. Mais avant de t’abandonner au remords qui f’attend (en pleurant ), apprends que je Vaimais ; apprends que je faisais mon bonheur de partager ton mauvais sort. Misérable Lindor ! j’allais tout quitter pour te suivre. Mais le lache abus que tu as fait de mes bontés, et l’indignité de cet affreux comte Almaviva, 4 qui tu me vendais, ont fait rentrer dans mes mains ce témoignage de ma faiblesse. Connais~ tu cette lettre?

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