‹ Théâtre de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 422 sur 504 · LES PRECEDENTS, FIGARO · texte numérisé non relu

LES PRECEDENTS, FIGARO

FIGARO accourant.

Elle a repris sa connaissance?

SUZANNE

Ah Dieu! j’étonffe aussi. (Elle se desserre.) : LE COMTE cric.

Figaro! vos secours!

©. Ficaro étouffé.

Un moment, calmez-vous. Son état n’est plus si pressant. Moi qui étais dehors, grand Dieu! Je suis rentré bien a propos!... Elle m’avait fort effrayé! Allons, madame, du courage! F ;

LA COMTESSE priant, renversee.

Dieu de bonté , fais que je meure !

LEON en lasseyant mieux.

Non, maman, vous ne mourrez pas, et nous réparerons nos torts. Monsieur! vous que je n’outragerai plus en vous donnant un autre nom, reprenez vos titres, vos biens; je n’y avais nul droit : hélas! je Pignorais. Mais, par pitié, n’écrasez point d’un déshonneur public cette infortunée qui fut votre.... Une erreur expiée par vingt années de larmes est-elle encore un crime, alors qu’on fait justice ? Ma mére et moi, nous nous bannissons de chez vous.

LE COMTE exalté

Jamais! Vous n’en sortirez point.

LEON

Un couvent serasa retraite; et moi, sous mon nom de Léon, sous le simple habit d’un soldat, je défendrai la liberté de notre nouvelle patrie. Inconnu, je mourrai pour elle, ou je la servirai en zélé citoyen.

(Suzanne pleure dans un coin; Figaro est absorbé dans l’autre.) LA COMTESSE péniblement,

Léon! mon cher enfant! ton courage me rend la vie. Je puis encore la supporter, puisque mon fils a la vertu de ne pas détester sa mére. Cette fierté dans le malheur sera ton noble patrimoine. Il m’épousa sans biens; n’exigeons rien de lui. Le travail de mes mains soutiendra ma faible existence ; et toi, tu serviras l’Etat.

LE COMTE avec désespoir.

Non, Rosine! jamais! C’est moi qui suis le vrai coupable !

De combien de vertus je privais ma triste vieillesse!... LA COMTESSE.

Vous en serez enveloppé. — Florestine et Bégearss vous restent. Floresta, votre fille , ’enfant chéri de votre cceur!... LE COMTE étonné.

Comment?..... d’oul savez-Vvous?..... qui vous I’a dit ?..... LA COMTESSE,

Monsieur , donnez-lui tous vos biens ; mon fils et moi n’y mettons point d’obstacle ; son bonheur nous consolera. Mais , avant de nous séparer, que j’obtienne au moins une grace !: Apprenez-moi comment vous étes possesseur @’une terrible lettre que je croyais bralée avec les autres? Quelqu’mn m’at-il trahie ?

FIGARO s’écriant.

Oui! Pinfame Bégearss! Je Vai surpris tantét qui la remettait 4 monsieur.

LE COMTE parlant vite.

Non, jela dois au seul hasard. Ce matin, lui et moi, pour un tout autre objet, nous examinions votre écrin, sans nous douter qu’il edt un double fond, Dans le débat, et sous ses doigts, le secret s’est ouvert soudain, a son trés-grand étonnement. Il a cru le coffre brisé!

FIGARO criant plus fort,

Son étonnement d’un secret? Monstre! c’est lui qui l’a fait faire !

LE COMTE

Est-il possible?

LA COMTESSE

1] est trop vrai!

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