ACTE II, SCÈNE XIV
mon cher Mélac, vous n'aurez jamais de rivaux dans le cœur de Pauline.
MÉLÀC FILS.
Vous m'aimez !
PAULINE
Que cet aveu soutienne votre courage ! nous en aurons besoin. Saint-Alban est jaloux. Le sort de votre père me fait trembler.
MÉLAC FILS
Lui faites-vous, Pauline, l'injure de le croire coupable?
PAULINE
Ah ! ne voyez que mon effroi. Mais nous perdons un temps précieux. Courez à votre père, allez le consoler.
Je vais l'enflammer de courroux contre un traître.
PAULINE
S'il n'y avait que Saint-Alban qui l'accusât... mais mon oncle lui-même...
MÉLAC FILS
Votre oncle !
PAULINE
Il va revenir. Vous connaissez sa franchise; elle ne lui permet pas toujours de garder, avec les malheureux, les ménagements dont ils ont tant besoin.
MÉLAC FILS
Vous me glacez le sang.
PAULINE
Soyez présent aux explications ; que votre bon esprit en prévienne l'aigreur. Si votre père est embarrassé , mon oncle est le seul dont on puisse espérer un prompt secours...
MÉLAC FILS troublé.
Quoi ! votre oncle est persuadé...
PAULINE
Craignez surtout de vous oublier avec lui : songez que notre sort en dépend. (Avec une grande effusion.) Mon cher Mélac .. dans le péril qui nous menace, ah!... vous m'aurez assez méritée, si vous réussissez à m'obtenir.
MÉLAC FILS
O mélange inouï...! Non, je ne puis comprendre... N'importe, vous serez obéie. — Je me contiendrai. — Vous connaîtrez, Pauline , s'il est des ordres remplis comme ceux que
l'amour exécute. (Il lui baise la main, et ils sortent.)
LES DEUX AMIS