‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 109 sur 487 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

MËLAC PÈRE, MËLAC FILS.

MÉLAG PÈRE avec chagrin.

Ne me suivez pas, mon fils.

MÉLAG FILS.

Eli ! le puis-je, mon père ?

MÉLAC PÈRE

Je vous l'ordonne.

MÉLAC FILS

Vous abandonner dans un moment si fâcheux !

MÉLAG PÈRE.

Votre douleur m'importune... elle m'offense.

MÉLAC FILS

Je connais trop mon père, pour soupçonner rien qui lui soit injurieux. Mais si votre bonté me laissait percer un mystère...

Mon fils !

MÉLAC FILS

Refuserez-vous de m'indiquer les moyens de vous servir , d'adoucir au moins vos peines?

MÉL4C PÈRE

Il est des devoirs dont ton âge et ta vivacité t'empêcheraient de sentir toute l'obligation.

MÉLAC FILS

Vous m'avez appris à respecter tous ceux qui sont sacrés pour vous. Ayez conliance aux principes de votre fils; ce sont les vôtres.

MÉLAC PÈRE

Mon ami, tu commences ta carrière quand je finis la mienne ; et l'on voit différemment. L'intérêt du passé touche peu les jeunes gens \ ils sacrifient beaucoup à l'espérance. Mais quand la vieillesse vient nous rider le visage et nous courber le corps , dégoûté du présent , effrayé sur l'avenir , que reste-t-il à l'homme? L'unique plaisir d'être content du passé. (D'un ton plus ferme.) J'ai (ait ce que j'ai dû ; je vous défends de me presser davantage.

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