SCÈNE m
SAINT-ALBAN , AURELLY.
AURELLY.
Ah! monsieur, pardon; vous m'avez prévenu, j'allais passer chez vous.
SAINT-ALBAN
Je viens vous dire qu'il m'est impossible de différer plus longtemps. Cette journée presque entière, accordée à vos instances , n'a mis aucun changement dans nos affaires.
AURELLY.
Elle en a mis beaucoup.
SAINT-ALBAN
A-t-on trouvé les fonds ?
AURELLY.
J'en fais bon pour Mélac.
SAINT-ALBAN
Vous payez les cinq cent mille francs r
AURELLY.
Cent mille écus que j'emprunte , le reste à moi ; le tout en un mandat sur mon correspondant de Paris , payable à votre arrivée.
SAUNT-ALBAN à paî t
Le mariage est certain; on ne fait pas de tels sacrifices... (Haut.) J'admire votre générosité. Je recevrai la somme que vous offrez; mais... je ne puis me dispenser de rendre compte...
AURELLY.
Quelle nécessité?
SAINT-ALBAN
Ce que vous faites pour Mélac ne le lave pas de l'abus de confiance dont il s'est rendu coupable.
AURELLY.
Lorsqu'on ne vous fait rien perdre ?
SAINT-ALBAN
La même chose peut arriver encore, et vous ne serez pas toujours d'humeur...
AURELLY.
En ce cas, monsieur... je reprends ma parole: c'est son honneur seul qui me touche ; et , si je ne le sauve pas en acquittant sa dette , il est inutile que je me dépouille gratuitement.