‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 122 sur 487 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

SAINT-ALBAN , AURELLY.

AURELLY.

Ah! monsieur, pardon; vous m'avez prévenu, j'allais passer chez vous.

SAINT-ALBAN

Je viens vous dire qu'il m'est impossible de différer plus longtemps. Cette journée presque entière, accordée à vos instances , n'a mis aucun changement dans nos affaires.

AURELLY.

Elle en a mis beaucoup.

SAINT-ALBAN

A-t-on trouvé les fonds ?

AURELLY.

J'en fais bon pour Mélac.

SAINT-ALBAN

Vous payez les cinq cent mille francs r

AURELLY.

Cent mille écus que j'emprunte , le reste à moi ; le tout en un mandat sur mon correspondant de Paris , payable à votre arrivée.

SAUNT-ALBAN à paî t

Le mariage est certain; on ne fait pas de tels sacrifices... (Haut.) J'admire votre générosité. Je recevrai la somme que vous offrez; mais... je ne puis me dispenser de rendre compte...

AURELLY.

Quelle nécessité?

SAINT-ALBAN

Ce que vous faites pour Mélac ne le lave pas de l'abus de confiance dont il s'est rendu coupable.

AURELLY.

Lorsqu'on ne vous fait rien perdre ?

SAINT-ALBAN

La même chose peut arriver encore, et vous ne serez pas toujours d'humeur...

AURELLY.

En ce cas, monsieur... je reprends ma parole: c'est son honneur seul qui me touche ; et , si je ne le sauve pas en acquittant sa dette , il est inutile que je me dépouille gratuitement.

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