‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 138 sur 487 · ACTE V, SCÈNE V îf>j PAULINE se jetant entre deux · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE V îf>j PAULINE se jetant entre deux

Monsieur de Saint-Alban !

SAINT-ALBAN fièrement.

Oui , monsieur, j'oserai tenir parole à votre père,

PAULINE éperdue.

Ali ! grands dieux !

SAINT-ALBAN du même ton.

Et toute nouvelle qu'est cette façon d'intercéder, elle ne nuira pas à monsieur de Mélac.

PAULINE à Saint-Alban.

Il va tomber à vos genoux. Une sait pas... (A Mélac.) Cruel ennemi de vous-même ! apprenez qu'il s'engage au silence ; que lui seul peut vous conserver l'emploi...

Je le refuse.

PAULINE

Insensé !

MÉLAC FILS

Quel bienfait , Pauline ! J'en dépouillerais mon père 1 je le payerais de votre perte , et j'en serais redevable à mon ennemi !

SAINT-ALBAN avec dignité.

Monsieur...

PAULINE à Mélac.

Quel est donc le but de ces fureurs ?

MÉLAC FILS

S'il ménage mon père , il vous épouse , il est trop récompensé : mais attaquer mes sentiments pour vous!...

PAULINE outrée.

Vos sentiments!... Quels droits osez-vous faire valoir? — Ne m'avez-vous pas rendu ma parole ?

MÉLAC FILS

L'honneur m'a-t-il permis de la garder? vous vous privez de fout pour sauver mon père...

SAINT-ALBAN

Quoi! ces cent mille écus, qu'on dit empruntés... ?

MÉLAC FILS

Sont à elle; c'est son bien, tout ce qu'elle possède ui monde.

Sont à elle ! (A part.) Ah dieux ! que de tertus !

(II rêve profondément.) MÉLAC FILS avec force.

Ai-je don* trop exigé de vous deux , en me sacrifiant , que

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l'un n'insultât pas à l'infortuné qu'il opprime! que l'autre honorât ma perte d'une larme, d'un regret ! Il vous épousait de même , et je mourais en silence.

PAULINE à Mélac, avec colère.

Ell! fallait-il venir ainsi... ? (Les pleurs lui coupent la parole; elle se jette sur un siège, et dit à elle-même :) Malheureuse faiblesse !

MÉLAC FILS vivement.

Ne me dérobez pas vos larmes, Pauline. C'est le seul bien qui me reste au monde.

PAULINE outrée, se relevant.

Oui , je pleure ; mais.... c'est de dépit de ne pouvoir m'en empêcher.

MÉLAC FILS

J'ai donc tout perdu !

PAULINE

Votre violence a tout détruit.

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