‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 139 sur 487 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

SAINT-ALBAN, MÉLAC FILS, ATJRELLY, PAULINE. AURELLY accourant.

On se querelle ici ! — Mélac.

SAINT-ALBAN , après un peu de silence.

Non , monsieur, on est d'accord. Yous m'avez assuré que vous laissiez mademoiselle absolument libre sur le choix d'un époux : ce choix est fait. (A Pauline.) Non, je n'établirai point mon bonheur sur d'aussi douloureux sacrifices. Il n'en serait plus un pour moi , s'il vous coûtait le vôtre.

MÉLAC FILS pénétré.

Qu'entends-je ? — Ah monsieur !

SAINT-ALBAN

Faisons la paix, mon heureux rival. Je pouvais épouser une femme adorable, dont l'honneur et la générosité eussent assez assuré mon repos; mais son cœur est à vous.

MÉLAC FILS

Combien je suis coupable !

SAINT-ALBAN

Amoureux : et les plus ardents sont ceux qui offensent le moins. J'étais moi-même injuste.

AURELLY à Pouline

Tu l'aimais donc ?

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