‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 201 sur 487 · ACTE IV, SCEINE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCEINE I

est peu de chose; c'est jouir qui rend heureux : mon avis est qu'épouser une femme dont on n'est point aimé, c'est s'exposer...

BARTHOLO

Vous craindriez les accidents ?

BAZILE

Hé, hé, monsieur... on en voit beaucoup cette année. Je ne ferais point violence à son cœur.

Votre valet , Bazile. Il vaut mieux qu'elle pleure de «ravoir , que moi je meure de ne l'avoir pas.

BAZILE

Il y va de la vie ? Épousez, docteur , épousez.

BARTHOLO

Aussi ferai-je , et cette nuit même.

BAZILE

Adieu donc. — Souvenez-vous, en parlant à la pupille, de les rendre tous plus noirs que l'enfer.

BARTHOLO

Vous avez raison.

BAZILE

La calomnie, docteur , la calomnie I II faut toujours en venir là.

BARTHOLO

Voici la lettre de Rosine que cet Alonzo m'a remise ; et il m'a montré, sans le vouloir, l'usage que j'en dois faire auprès d'elle.

BAZILE

Adieu : nous serons tous ici à quatre heures .

BARTHOLO

Pourquoi pas plus tôt?

BAZILE

Impossible ; le notaire est retenu.

Pour un mariage ?

BAZILE

Oui, chez le barbier Figaro; c'est sa nièce qu'il marie.

BARTHOLO

Sa nièce? il n'en a pas.

BAZILE

Voilà ce qu'ils ont dit au notaire.

BARTHOLO

Ce drôle est du complot : que diable !..

25fr

BAZILE

Est-ce que vous penseriez. .. ?

BARTHOLO

Ma foi ces gens-là sont si alertes ! Tenez , mon ami , je ne suis pas tranquille. Retournez chez le notaire. Qu'il vienne ici sur-le-champ avec vous.

BAZILE

Il pleut , il fait un temps du diable ; mais rien ne m'arrête pour vous servir. Que faites-vous donc ?

BARTHOLO

Je vous reconduis : n'ont-ils pas fait estropier tout mon monde par ce Figaro! Je suis seul ici.

BAZILE

J'ai ma lanterne.

BARTHOLO

Tenez, Bazile, voilà mon passe-partout. Je vous attends, je veille ; et vienne qui voudra, hors le notaire et vous, personne n'entrera de la nuit.

BAZILE

Avec ces précautions* vous êtes sûr de votre fait SCÈNE IL

ROSINE, seule, sortant de sa chambre.

Il me semblait avoir entendu parler. Il est minuit sonné £ Lindor ne vient point ! Ce mauvais temps même était propre à le favoriser. Sûr de ne rencontrer personne... Ah! Lindor! si vous m'aviez trompée ! . .. Quel bruit entends-je ?. .. Dieux ! c'est mon tuteur. Rentrons.

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