‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 215 sur 487 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

FIGARO, SUZANNE

FIGARO

Dix-neuf pieds sur vingt-six.

SUZANNE

Tiens, Figaro, voilà mon petit chapeau : le trouves- lu mieux ainsi ?

FIGARO lui prend les mains.

Sans comparaison , ma charmante. Oh ! que ce joli bouquet virginal , élevé sur la tête d'une belle fille , est doux , le malin des noces, à l'œil amoureux d'un époux !...

LE MARIAGE DE FIGARO

SUZANNE se retire.

Que inesures-tu donc là , mon fils ?

FIGAKO.

Je regarde , ma petite Suzanne , si ce beau lit que monseigneur nous donne aura bonne grâce ici.

SUZANNE

Dans cette chambre ?

il nous la cède.

SUZANNE

Et moi je n'en veux point.

FIGARO

Pourquoi ?

SUZANNE

Je n'en veux point.

FICARO.

Mais encore ?

SUZANNE

Elle me déplaît.

FIGARO

On dit une raison.

SUZANNE -

Si je n'en veux pas dire ?

FIGARO

Oh ! quand elles sont sûres de nous i

SUZANNE

Prouver que j'ai raison serait accorder que je puis avoir tort. Es-tu mon serviteur , ou non ?

FIGARO

Tu prends de l'humeur contre la chambre du château la plus commode , et qui tient le milieu des deux appartements. La nuit , si madame est incommodée , elle sonnera de son côté ; zeste , en deux pas tu es chez elle. Monseigneur veutil quelque chose ? Il n'a qu'à tinter du sien ; crac , en trois sauts me voilà rendu.

SUZANNE

Fort bien! Mais quand il aura tinté le matin, pour te donner quelque bonne et longue commission ; zeste, en deux pas , il est à ma porte, et crac, en trois sauts...

FIGARO

Qu'entendez-vous par ces parolës ?

SUZANNE

Il faudrait m'écouter tranquillement.

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