ACTE V, SCÈNE VII
LÀ COMTESSE
La leur .. ?
LE COMTE
Est de nous retenir : on l'oublie trop.
LA COMTESSE
Ce ne sera pas moi.
LE COMTE
Ni moi.
FIGARO â part.
Ni moi.
SUZANNE à part.
Ni moi.
LE COMTE prend la main de sa femme.
Il y a de l'écho ici; parlons plus bas. Tu n'as nul besoin d'y songer , toi que l'amour a faite et si vive et si jolie ! Avec un grain de caprice, tu seras la plus agaçante maîtresse! ( U la baise au front.) Ma Suzanne, un Castillan n'a que sa parole. Voici tout l'or promis pour le rachat du droit que je n'ai plus sur le délicieux moment que tu m'accordes. Mais comme la grâce que tu daignes y mettre est sans prix, j'y joindrai ce brillant , que tu porteras pour l'amour de moi.
LA COMTESSE, une révérence.
Suzanne accepte tout.
FIGARO à part.
On n'est pas plus coquine que cela.
SUZANNE à part.
Voilà du bon bien qui nous arrive.
LE COMTE à part.
Elle est intéressée ; tant mieux.
LA COMTESSE regarde au fond.
Je vois des flambeaux .
LE COMTE
Ce sont les apprêts de ta noce. Entrons-nous un moment dans l'un de ces pavillons, pour les laisser passer?
LA COMTESSE
Sans lumière ?
LE COMTE l'entraîne doucement.
A quoi bon ? Nous n'avons rien à lire.
FIGARO à part •
Elle y va, ma foi! Je m'en doutais. (Il s'avance. )
LE COMTE grossit sa voix en se retournant.
Qui passe ici ?
FIGARO en colère.
Passer ! on vient exprès.
LE MARIAGE DE FIGARO
le COMTE bas à la comtesse.
C'est Figaro ! . . . ( Il s'enfuit. )
Je VOUS suis. (Elle entre dans le pavillon à sa droite, pendant que le comte se perd dans le bois, au fond.)