ACTE I, SCÈNE II
et je me sens déjà d'une fatigue... Son dernier ordre, en la
couchant, m'a gâté ma nnit tout entière Demain, Su-
zanne, au point du jour, fais apporter beaucoup de fleurs, et garnis-en mes cabinets. — Au portier : Que, de la journée, il n'entre personne pour moi. — Tu me formeras un bouquet de fleurs noires et rouge foncé, un seul œillet blanc au milieu... Le voilà. — Pauvre maîtresse! elle pleurait!... Pour qui ce mélange d'apprêts?... Eeeh! si nous étions en Espagne , ce serait aujourd'hui la fête de son fils Léon... (avec mystère) et d'un autre homme qui n'est plus ! ( Elle regarde les fleurs. ) Les couleurs du sang et du deuil ! (Elle soupire. ) Ce cœur blessé ne guérira jamais! — Attachons-le d'un crêpe noir, puisque c'est là sa triste fantaisie. (Elle attache le bouquet. )