‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 358 sur 487 · FLORESTINE , LE COMTE , BÉGEARSS · texte numérisé non relu

FLORESTINE , LE COMTE , BÉGEARSS

FLORESTINE , un bouquet au côté.

On vous disait , monsieur , si occupé , que je n'ai pas osé vous fatiguer de mon respect.

LE COMTE

Occupé de toi , mon enfant! ma fille! Ah ! je me plais à te donner ce nom; car j'ai pris soin de ton enfance. Le mari de ta mère était fort dérangé : en mourant il ne laissa rien. Ellemême, en quittant la vie, t'a recommandée à mes soins. Je lui engageai ma parole ; je la tiendrai , ma fille , en te donnant un noble époux. Je te parle avec liberté devant cet ami qui nous aime. Regarde autour de toi ; choisis! Ne trouves-tu personne ici digne de posséder ton cœur?

FLORESTINE lui baisant la main.

Vous l'avez tout entier , monsieur; et si je me vois consultée, je répondrai que mon bonheur est de ne point changer d'état. — Monsieur votre fils, en se mariant... (car, sans doute, il ne restera plus dans l'ordre de Malte aujourd'hui , monsieur votre fils , en se mariant , peut se séparer de son père. Ah ! permettez que ce soit moi qui prenne soin de vos vieux jours ! C'est un devoir, monsieur, que je remplirai avec joie.

Laisse , laisse monsieur réservé pour l'indifférence ; on ne sera point étonné qu'une enfant si reconnaissante me donne un nom plus doux ! Appelle-moi ton père.

BÉGEARSS

Elle est digne, en honneur, de votre confidence entière... Mademoiselle, embrassez ce bon, ce tendre protecteur. Vous lui devez plus que vous ne pensez. Sa tutelle n'est qu'un devoir. Il fut l'ami... l'ami secret de votre mère... et , pour tout dire en un seul mot...

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