‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 359 sur 487 · ACTE 11, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE 11, SCÈNE V

LA COMTESSE au comte.

Figaro m'avait dit que vous vous trouviez mal ; effrayée , j'accours, et je vois...

LE COMTE

.... Que cet homme officieux vous a fait encore un mensonge.

Monsieur , quand vous êtes passé , vous aviez un air si défait... Heureusement il n'en est rien.

(Bégearss l'examine.)

LA COMTESSE

Bonjour, monsieur Bégearss. . .Te voilà, Florestine ; je te trouve radieuse... Mais voyez donc comme elle est fraîche et belle Si le ciel m'eût donné une fille , je l'aurais voulue comme toi , de ligure et de caractère... Il faudra bien que tu m'en tiennes lieu. Le veux-tu, Florestine?

FLORESTINE lui baisant la main.

Ah ! madame !

LA COMTESSE

Qui t'a donc fleurie si matin ?

FLORESTINE avec joie.

Madame , on ne m'a point fleurie ; c'est moi qui ai fait des bouquets. N'est-ce pas aujourd'hui Saint-Léon P

LA COMTESSE

Charmante enfant, qui n'oublie rien ! (Elle la baise au front.) (Le comte l'ait un geste terrible; Bégearss le retient.) LA COMTESSE à Figaro.

Puisque nous voilà rassemblés, avertissez mon fils que nous prendrons ici le chocolat.

' FLORESTINE

Pendant qu'ils vont le préparer , mon parrain , faites-nous donc voir ce beau buste de Washington, que vous avez, diton, chez vous.

LE COMTE

J'ignore qui me l'envoie ; je ne l'ai demandé à personne ; et, sans doute, il est pour Léon. 11 est beau ; je l'ai là dans mon cabinet : venez tous.

(Bégearss, en sortant le dernier, se retourne deux fois pour examiner Figaro, qui le regarde de même. Ils ont l'air de se menacer sans parler.)

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