ACTE 11, SCÈNE V
LA COMTESSE au comte.
Figaro m'avait dit que vous vous trouviez mal ; effrayée , j'accours, et je vois...
LE COMTE
.... Que cet homme officieux vous a fait encore un mensonge.
Monsieur , quand vous êtes passé , vous aviez un air si défait... Heureusement il n'en est rien.
(Bégearss l'examine.)
LA COMTESSE
Bonjour, monsieur Bégearss. . .Te voilà, Florestine ; je te trouve radieuse... Mais voyez donc comme elle est fraîche et belle Si le ciel m'eût donné une fille , je l'aurais voulue comme toi , de ligure et de caractère... Il faudra bien que tu m'en tiennes lieu. Le veux-tu, Florestine?
FLORESTINE lui baisant la main.
Ah ! madame !
LA COMTESSE
Qui t'a donc fleurie si matin ?
FLORESTINE avec joie.
Madame , on ne m'a point fleurie ; c'est moi qui ai fait des bouquets. N'est-ce pas aujourd'hui Saint-Léon P
LA COMTESSE
Charmante enfant, qui n'oublie rien ! (Elle la baise au front.) (Le comte l'ait un geste terrible; Bégearss le retient.) LA COMTESSE à Figaro.
Puisque nous voilà rassemblés, avertissez mon fils que nous prendrons ici le chocolat.
' FLORESTINE
Pendant qu'ils vont le préparer , mon parrain , faites-nous donc voir ce beau buste de Washington, que vous avez, diton, chez vous.
LE COMTE
J'ignore qui me l'envoie ; je ne l'ai demandé à personne ; et, sans doute, il est pour Léon. 11 est beau ; je l'ai là dans mon cabinet : venez tous.
(Bégearss, en sortant le dernier, se retourne deux fois pour examiner Figaro, qui le regarde de même. Ils ont l'air de se menacer sans parler.)