‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 381 sur 487 · LA COMTESSE, SUZANNE · texte numérisé non relu

LA COMTESSE, SUZANNE

LA COMTESSE

Je n'ai pu rien tirer de cette enfant. — Ce sont des pleurs , des étouffements!... Elle se croit des torts envers moi , m'a demandé cent fois pardon ; elle veut aller au couvent. Si je rapproche tout ceci de sa conduite envers mon fils , je présume qu'elle se reproche d'avoir écouté son amour, entretenu ses espérances, ne se croyant pas un parti assez considérable pour. lui.— Charmante délicatesse ! excès d'une aimable vertu ! monsieur Bégearss apparemment lui en a touché quelques mots qui l'auront amenée à s'affliger sur elle ! car c'est un homme si scrupuleux et si délicat sur l'honneur, qu'il s'exagère quelquefois, et se fait des fantômes où les autres ne voient rien.

SUZANNE

J'ignore d'où provient le mal ; mais il se passe ici des choses bien étranges ! Quelque démon y souffle un feu secret. Notre maître est sombre à périr ; il nous éloigne tous de lui. Yous êtes sans cesse à pleurer. Mademoiselle est suffoquée; monsieur votre fils désolé!... Monsieur Bégearss lui seul , imperturbable comme un dieu, semble n'être affecté de rien ; voit tous vos chagrins d'un œil sec...

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