‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 43 sur 487 · ACTE III, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VI

MADAME MURER

Vous penserez différemment , lorsque vous apprendrez qu'un gage de la plus parfaite union....

LE BARON

Comment?

MADAME MURER , du ton de quelqu'un qui croit en dire assez. Lorsqu' avant peu. . . .

LE BARON à sa fille.

Bon ! Est-ce qu'elle dit vrai ?

EUGÉNIE fléchissant le genou,

Ah! mon père, comblez par votre bénédiction le bonheur de votre fille.

LE BARON la relevant avec tendresse.

Réellement? Eh bien,... eh bien,... eh bien, mon enfant, puisque c'est ainsi , j'approuve tout. (A part.) Aussi bien est-ce un mal sans remède.

EUGÉNIE

De quel poids mon cœur est soulagé !

MADAME MURER avec joie

Milady, embrassez votre père.

LE BARON baisant Eugénie.

Laisse-là milady : sois toujours mon Eugénie.

EUGÉNIE

(Avec feu.) Toute la vie, mon père! (Par exclamation.) Ah ! milord , quel jour heureux pour nous !

LE BARON , du ton d'un homme que ce mot de milord ramène à d'autres idées.

Mais dites-moi donc un peu, vous autres : puisqu'elle est la femme de ce milord , que diable veulent-ils dire avec cet autre mariage ? Car aussi on n'y comprend rien.

MADAME MURER

Il vous l'a dit tantôt : discours de valets , bruits popu-

aires.

EUGÉNIE

J'en ai été troublée malgré moi.

LE BARON

C'est que cela n'est pas net, au moins.

MADAME MURER

Drink est son homme de confiance : il n'y a qu'à l'interroger vous-même. (Elle sonne).

EUGÉNIE

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