‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 465 sur 487 · ACTE III , SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE III , SCÈNE VI

Serait moins que rien sur la terre, S'il n'était pas épris de ta mâle vertu ! Ne perdons point un instant salutaire : Au sérail , la tranquillité Renaît avec l'obscurité.

(Il prend un paquet dans une touffe d'arbre et dit : )

Sous cet habit d'un noir esclave , Cachons des guerriers le plus brave.

D'homme éloquent deviens un vil muet.

(Il l'habille en muet.)

Que mon héros , surtout , jamais n'oublie Que, sous ce masque, un mot est un forfait , (Il lui met un masque noir.) Et qu'en ce lieu de jalousie Le moindre est payé de la vie.

(Ils s'avancent vers l'appartement d'Astasie.J Tout est ici dans un repos parfait.

(Ici Calpigi s'arrête avec effroi.)

N'avançons pas! j'aperçois la simarre , Les brodequins de l'empereur.

TARARE égaré , criant.

Atar chez elle! Ah! malheureux Tarare!

Rien ne retiendra ma fureur.

Brama! Brama

CALPIGI lui fermant la bouche.

Renferme donc ta peine !

TARARE criant plus fort.

Brama! Brama!

(Il tombe sur le sein de Calpigi.) CALPIGI.

Notre mort est certaine.

Page 1