‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 466 sur 487 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ATAR sort de chez Astasie; TARARE, CALPIGI. CALPIGI crie, effrayé.

On vient : c'est le sultan.

(Tarare tombe la face contre terre.) ATAR d'un ton terrible.

Quel insolent ici... ?

CALPIGI' troublé.

Un insolent!... C'est Calpigi!

ATAR

D'où vient cette voix déplorable?

TARARE

CALP1GI troublé.

Seigneur, c'est... c'est ce misérable.

Croyant entendre quelque bruit , Nous faisions la ronde de nuit.

D'une soudaine frénésie Cette brute à l'instant saisie.. .

Peut-être a-t-il perdu l'esprit !

Mais il pleure, il crie, il s'agite, Parle , parle , parle si vite , Qu'on n'entend rien de ce qu'il dit.

ATAR d'un Ion terrible.

Il parle , ce muet ?

CALFIGI plus troublé.

Que dis-je ?

Parler serait un beau prodige !

D'affreux sons inarticulés...

ATAR lui prend le bras. Tarare est sans mouvement, prosterne.

O bizarre sort de ton maître !

Tu maudis quelquefois ton être...

Je venais, les sens agités,

L'honorer de quelques bontés ,

Soupirer l'amour auprès d'elle.

A peine étais-je à ses côtés,

Elle s'échappe , la rebelle î

Je l'arrête et saisis sa main :

Tu n'as vu chez nulle mortelle

L'exemple d'un pareil dédain!

Farouche Atar ! quelle est donc ton envie ?

Avant de me ravir V honneur ,

Il faudra m* arracher la vie. .

Ses yeux pétillaient de fureur.

Farouche Atar ! . . . son honneur ! ... La sauvage ,

Appelant la mort à grands cris.. .

Atar, enfin, a connu le mépris.

(11 tire son poignard.)

Vingt fois j'ai voulu , dans ma rage ,

Épargner moi-même à son bras...

Allons, Calpigi , suis mes pas.

CALPIGI lui présente sa simarre.

Seigneur, prenez votre simarre.

ATAR

Rattache avant mon brodequin Sur le corps de cet Africain,..

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