SCÈNE VI
ATAR sort de chez Astasie; TARARE, CALPIGI. CALPIGI crie, effrayé.
On vient : c'est le sultan.
(Tarare tombe la face contre terre.) ATAR d'un ton terrible.
Quel insolent ici... ?
CALPIGI' troublé.
Un insolent!... C'est Calpigi!
ATAR
D'où vient cette voix déplorable?
TARARE
CALP1GI troublé.
Seigneur, c'est... c'est ce misérable.
Croyant entendre quelque bruit , Nous faisions la ronde de nuit.
D'une soudaine frénésie Cette brute à l'instant saisie.. .
Peut-être a-t-il perdu l'esprit !
Mais il pleure, il crie, il s'agite, Parle , parle , parle si vite , Qu'on n'entend rien de ce qu'il dit.
ATAR d'un Ion terrible.
Il parle , ce muet ?
CALFIGI plus troublé.
Que dis-je ?
Parler serait un beau prodige !
D'affreux sons inarticulés...
ATAR lui prend le bras. Tarare est sans mouvement, prosterne.
O bizarre sort de ton maître !
Tu maudis quelquefois ton être...
Je venais, les sens agités,
L'honorer de quelques bontés ,
Soupirer l'amour auprès d'elle.
A peine étais-je à ses côtés,
Elle s'échappe , la rebelle î
Je l'arrête et saisis sa main :
Tu n'as vu chez nulle mortelle
L'exemple d'un pareil dédain!
Farouche Atar ! quelle est donc ton envie ?
Avant de me ravir V honneur ,
Il faudra m* arracher la vie. .
Ses yeux pétillaient de fureur.
Farouche Atar ! . . . son honneur ! ... La sauvage ,
Appelant la mort à grands cris.. .
Atar, enfin, a connu le mépris.
(11 tire son poignard.)
Vingt fois j'ai voulu , dans ma rage ,
Épargner moi-même à son bras...
Allons, Calpigi , suis mes pas.
CALPIGI lui présente sa simarre.
Seigneur, prenez votre simarre.
ATAR
Rattache avant mon brodequin Sur le corps de cet Africain,..