‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 470 sur 487 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

CALPIGI, SPÏNETTE, ASTASIE.

CALPIGI d'un ton dur.

Belle Irza, l'empereur ordonne Qu'en ce moment vous receviez la foi D'un nouvel époux qu'il vous donne,

ASTASIE.

Un époux ! un époux à moi ?

SPINETTE le contrefait.

Commandant d'un corps ridicule , Abrége-nous ton grave préambule.

Ce nouvel époux , quel est-il ?

CALPIGI.

C'est du sérail le muet le plus vil.

ASTASIE.

Un muet !

spInette.

Un muet î

ASTASIE.

J'expire.

CALPIGI.

L'ordre est que chacun se retire.

SPINETTE

Moi ?

Vous

SPINETTE

Moi?

CALPIGI.

Vous, vous , Spinette; il y va des jours De qui troublerait leurs amours.

ASTASIE.

o juste ciel !

SPINETTE raillant.

Dis à ton maître Que le grand prêtre Sera sans doute assez surpr is Qu'à la pluralité des femmes On ose ajouter, chez les brames, La pluralité des maris-

TARARE

CALPIGI ironiquement.

Votre conseil au roi paraîtra d'un grand prix. J'en ferai votre cour.

SPINETTE du même ton.

Vous l'oublierez peut-être.

Non.

SPINETTE

Vous le rendrez mieux , l'ayant deux fois appris. (Elle répète.) Dis à ton maître Que le grand prêtre Sera sans doute assez surpris Qu'à la pluralité des femmes On ose ajouter, chez les brames , La pluralité des maris.

(Calpigi sort en lui faisant le signe impérieux de se retirer.)

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