‹ Théâtre de BeaumarchaisChapitre 107 sur 262 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LE COMTE, suppliaat.

Par pitié!

LA COMTESSE

Vous n'en aviez aucune pour moi.

LE COMTE

Mais aussi ce billet... Il m'a tourné io sang!

Je n'avais pas consenti qu'on l'écrivît.

LE COMTE

f Vous le saviez?

LA COMTESSE

ft C'est cet étourdi de Figaro...

LE COMTE

Il en était?

i LA COMTESSE.

... Qui l'a remis à Bazile.

; LE COMTE

Qui m'a dit le tenir d'un paysan. perfide chanteur, lame à deux tranchants ! c'est toi qui payeras pour tout le monde.

LA COMTESSE

Vous demandez pour vous un pardon que vous refusez aux autres : voilà bien les hommes! Ahl si jamais je consentais à pardonner en faveur de Terreur où vous a jeté ce billet, j'exigerais que l'amnistie fût générale.

LE COMTE

Eh bien, de tout mon cœur, comtesse. Mais comment réparer une faute aussi humiliante?

LA COMTESSE se lève.

Elle rétait pour tous deux.

<LE COMTE

Ah! dites pour moi seul. — Mais je suis encore à concevoir comment les femmes prennent si vite et si juste l'air et le ton des circonstances. Vous rougissiez, vous pleuriez, votre visage était défait... D'honneur, ill'est encore.

LA COMTESSE, s'efforçant de sourire.

Je rougissais... du ressentiment de vos soupçons. Mais les hommes sont-ils assez délicats pour distinguer l'indignation d'une âme honnête outragée, d'avec la confusion qui naît d'une accusation méritée f

LE COMTE, souriant.

Et ce page en désordre, en veste et presque nu...

LA COMTESSE, montrant Suzanne.

Vous le voyez devant vons. N'aimez-vous pas mieux l'avoir

trouvé que Tautre? En général, vous ne haïsses pas de

contrer celui-ci.

LE COMTE, riant plus fort.

Et ces prières, ces larmes feintes...

LA COMTESSE

Vous me faites rire, et j'en ai peu d'envie.

LE COMTE

Nous croyons valoir quelque chose en politique, et

ne sommcs'^que des enfants. C'est vous, c'est vou8,inadi

que le roi devrait envoyer en ambassade à Londresl U

' que votre sexe ait fait une étude bien réfléchie de l'ai

se composer, pour réussir à ce point!

C'est toujours vous qui nous y forcez.

SCZANNE.

Laissez-nous prisonniers sur parole, et vous verrez si sommes gens d honneur.

LA COMTESSE

Brisons là, monsieur le comte. J'ai peut-être été loin ; mais mon indulgence en un cas aussi grave do moins m'obtenir la vôtre.

LE COMTE

Mais vous répéterez que vous me pardonnez.

LA COMTESSE

Est-ce que je l'ai dit, Suzon ?

SUZANNE

Je ne l'ai pas entendu, madame.

LE COMTE

Eh bien, que ce mot vous échappe!

LA COMTESSE

Le méritez-vous donc, ingrat?

LE COMTE

Oui, par mon repentir.

SUZANNE

Soupçonner un homme dans le cabinet de madame!

LE COMTE

Elle m'en a si sévèrement puni l

Ne pas s'en fier à elle, quand elle dit que c'est sa ca: ristel

LE COMTE

Rosine, étes-vous donc implacable ?

LA COMTESSE

Ah! Suzon, que je suis faible! quel exemple je te dor

Si ACTE DEUXIÈME. 173

.ji^TMaDt la main au comte.) On ne Croira plus à la colère des smines.

SUZANNE

Bon : madame, avec eux, ne faut-il pas toujours en.venic-^^

à? (Le comte baise ardemment la main de sa femme.)

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