ACTE TROISIÈME
FIGARO
iesnis God'dam»
LK OOMTE.
Je n'entends pas.
FIGAKO.
Je dis que je sais God-dam,
LE COMTE
Eh bien ?
FIGARO
Diable ! c'est une belle langue que l'anglais, il en faut"^ 3U pour aller loin. Avec God-dam, en Angleterre, on ne .anque de rien nulle part. — Voulez-vous tàter d un bon Milet gras! entrez dans une taverne, et faites seulement ce este au garçon (n tourne la broche). God-dam ! on vous apporte 3 pied de bœul salé sans pain. C'est admirable lAimez- )us à boire un coup d'excellent bourgogne ou de clairet ? en que celui-ci (u débouche une bouteille). God-dam! on vous HTt un pot de bière, en bel étain, la mousse aux bords. uelle satisfaction ! Rencontrez-vous une de ces jolies per- »nnes qui vont trottant menu, les yeux baissés, coudes en rière, et tortillant un peu des hanches ? mettez mignardeent tous les doigls «nis sur la bouche. Ah ! God-dam ! elle >us sangle un soufflet de crocheteur : preuve qu'elle ennd. Les Anglais, à la vérité, ajoutent, par-ci par-là, quelles autres mots en conversant; mais il est bien aisé de ►ir que God-dam est le fond de la langue; et si monseileur n'a pas d'aulre motif de me laisser en Espagne...
LE COMTE, à part.
Il veut venir à Londres; elle n'a pas parlé.
FIGARO, à part.
11 croit que je ne sais rien; trâvaillons-le un peu dans son jnre.
LE COMTE
Quel motif avait la comtesse pour me jouer un pareil tour I
FIGARO
Ma foi, monseigneur, vous le savez mieux que moi.
LE COMTE
Je la préviens sur tout, et la comble de présents.
FIGARO
Vous lui donnez, mais vous êtes infidèle. Sait-on gré du iperflu, à qui nous prive du nécessaire?
LE COMTE
... Autrefois tu médisais tout.
FIGARO
Et maintenant je ne vous cache rien.
LE œifTE.
Combien la comtesse t'a-lrelle dooné pour cette beitoM dation?
FIGARO
V Combien me donnàtes-vous pour la tirer des munt docteuri Tenez, monseigneur, n'humilions pas llUHmM( nous sert bien, crainte aen l'aire un mauvais valet
LE COMTE
Pourquoi faut-il qu'il y ait toujours du louche en tt( tu fais?
FIGARO
C'est qu'on en voit partout quand on cherche dsi |
LE COMTE
Une réputation détestable !
FIGARO
Et si je vaux mieux qu'elle ? Y a-t41 beaucoup di gneurs qui puissent en dire autant?
LE COMTE
Cent fois je t'ai vu marcher à la fortune, et Jamaii droit.
FIGARO
Comment voulez-vous? la foule est là : chacun venl rir; on se presse, on pousse, on coudoie, on renverse, i qui peut; le reste est écrasé. Aussi c'est fait; pour mi renonce.
î A la fortune { a part.) Voici du neuf.
FIGARO
(A part.) A mon tour maintenant. (Hant.) Votre Excel m'a gratitié de la conciergerie du château ; c'est un fc sort : à la vérité, je ne serai pas le courrier étreoE nouvelles intéressantes; mais, en revanche, heureui ma femme au fond de l'Andalousie...
LE COMTE
Qui t'empêcherait de l'emmener à Londres?
FIGARO
/ Il faudrait la quitter si souvent, que j'aurais bien! mariage par-dessus la tête.
LE COMTE
Avec du caractère et de l'esprit, tu pourrais un Job vancer dans les bureaux.
FIGARO
De l'esprit pour s'avancer? Monseigneur se rit du Médiocre et rampant, et l'on arrive à tout.