ACTE TROISIÈME
FIGARO, plaidant.
Je soutiens, moi, que c'est la conjonction alternative OU qui sépare lesdits membres; je payerai la donzelle, OU je l épouserai. A pédant, pédant et demi. Qu'il s'avise de parler latin, j'y suis Grec, je l'extermine.
LE COMTE
Comment juger pareille question?
BARTHOLO
Pour la trancher, messieurs, et ne plus chicaner sur un taot, nous passons qu'il y ait OU.
FIGARO
J'en demande acte.
BARTHOLO
Et nous y adhérons. Un si mauvais refuge ne sauvera pas ke coupable. Examinons le titre en ce sens, (ii ut.) t Laquelle , somme je lui rendrai dans ce château, oùje l'épouserai. » "^ C'est ainsi qu'on dirait, messieurs : « vous vous ferez sai-
Ener dans ce lit, où vous resterez chaudement; • c'est dans jquel. Il prendra deux grains de rhubarbe, où vous mêlerez un peu de tamarin; » dans lesquels on mêlera. « Ainsi château où je l'épouserai, » messieurs, c'est « château dans lequel... •
FIGARO
Point du tout : la phrase est dans le sens de celle-ci : « ou la maladie vous tuera, ou ce sera le médecin; • ou bien le médecin; c'est incontestable. Autre exemple: « ou vous n'écrirez rien qui plaise, ou les sots vous dénigreront; » ou bien les sots; le sens est clair; car, audit cas, «o^« ou méchants sont le substantif qui gouverne. Maître Bartholo croitil donc que j'aie oublié ma syntaxe? Ainsl:;c je la payerai dans ce château, virgule^ ou je l'épouserai.. i »
BARTHOLO, yite.
Sans virgule.
FIGARO, Yile.
Elle y est. C'est virgule, messieurs, ou bien je l'épouserai.
BARTHOLO, regardant le papier vite.
Sans virgule, messieurs,
FIGARO, vite.
Elle y était, messieurs. D'ailleurs, l'homme qui épouse est-il tenu de rembourser?
BARTHOLO, vite.
Oui; nous nous marions séparés de biens.
FIGARO, vite.
Et nous de corps, dès que le mariage n'est pas quittance.
(L05 juges se lèvent et opinent tout bas.)
BÂRTHOLO.
Plaisant acquittement!
DOUBLE-MÀIN.
Silence» messieurs!
L'HUISSIER, glapissant.
Silence !
BARTHOLO
Un pareil fripon appelle cela payer ses dettes I
Est-ce votre cause, avocat, que vous plaidez?
BÂRTHOLO.
Je défends cette demoiselle.
FIGARO
Continuez à déraisonner, mais B^!^i^^Ùlf&< ^^^ craignant Temportement des plalpeaTÏf^ra^tnDaiiaiii toléré qu'on appelât des tiers, ils n'ont pas entendu qw défenseurs modérés deviendraient impunément des insoi privilégiés. G*est dégrader le plus noble institut, f/m
eontinnent d'opiner bas.)
ANTONIO, à Marceline, montrant les jngei.
Qu'ont-ils tant à balbucifier?
MARCELINE
On a corrompu le grand juge; il corrompt l'autre» perds mon procès.
BÂRTHOLO, bas d*nn ton sombre.
J'en ai peur.
FIGARO, gaiement.
Courage, Marceline I
DOUBLE-MAIN so lève; àHarceUne.
Abl c'est trop fort! je vous dénonce; et, pour rhonneu tribunal, je demande qu'avant faire droit sur i*aatre afi il soit prononcé sur celle-ci.
LE COMTE s'assied.
Non, greffier, je ne prononcerai point sur mon infore sonnelle; un juge espagnol n'aura point à rougir d^ine digne au plus des tribunaux asiatiques ; c'est assez des très abus. J'en vais corriger un second, en vous moti mon arrêt : toul juge qui s'v refuse est un grand ennein lois. Que peut requérir la demanderesse? mariage à éi de payement; les deux ensemble impliqueraient.
DOUBLE-MAIN
Silence, messieurs!
l'huissier, glapissant.
Silence !